Bruxelles débat de l’avenir du Rif (Maroc)
Ce samedi (06/02/2010), près de 130 personnes ont assisté à un débat organisé par Agraw N’Arif (Regroupement Démocratique du Rif) à l’Espace Mrax à Bruxelles à propos de « l’avenir du Rif : autonomie ou régionalisation ?« . Le Rif (Arrif en langue berbère qui signifie « rivage » ou « bord ») est la région montagneuse située au nord du Maroc.
« Pourquoi la nomination d’une fille voilée choque-t-elle la société ? »
La nomination par ECOLO de la première femme portant le foulard islamique comme membre suppléante au sein du Conseil d’administration du Centre pour l’Egalité des Chances et de Lutte contre le Racisme (CECLR, la principale institution belge antiraciste dépendant du gouvernement fédéral) n’a pas manqué de déclenché des réactions dans le monde politique. Sur le site rtlinfo.be, le sénateur libéral Alain Destexhe (MR) regrette ce choix qui serait contraire aux exigences de neutralité et estime que « les Verts poursuivent leur tentative d’introduire les accommodements raisonnables en Belgique et contribuent au renforcement du religieux dans la sphère publique« .
Face à quoi, le porte-parole d’ECOLO répond que « Fatima Zibouh a été sélectionnée sur la base de ses compétences. Aucune autre considération n’est intervenue dans ce choix comme dans celui que nous faisons pour tous les autres mandats« .
Ce mardi (09/02/2010), un collectif baptisé « Vigilance Citoyenne » coanimé par Claude Demelenne (employé auprès de l’organisme public régional Port de Bruxelles, rédacteur-en-chef du Journal du Mardi et coauteur d’un ouvrage récent avec Alain Destexhe) et Olivier Baum (entrepreneur indépendant dans le Brabant wallon et animateur du Collectif de Vigilance Citoyen), publie un communiqué de presse qualifiant la nouvelle représentante d’ECOLO de « musulmane radicale voilée » ayant un profil politique « franchement réactionnaire« . Pour étayer son argumentation, le collectif reproche à Fatima Zibouh d’avoir signé une pétition demandant le retrait du Hamas de la liste des organisations terroristes, d’être l’amie sur Facebook de Nordine Saïdi, d’être membre du collectif Présence musulmane et d’avoir participé à un « putsch légal » organisé par Radouane Bouhlal pour renforcer le pouvoir de ce dernier au sein du MRAX.
S’estimant aujourd’hui (09/02/2010) « surprise » par de telles accusations « totalement mensongères et non fondées« , Fatima Zibouh s’étonne que « la nomination d’une femme portant le foulard au sein d’un Centre militant justement pour l’égalité des chances choque certaines personnes« . Dans un entretien exclusif accordé à Parlemento.com, elle rappelle que sa « tenue vestimentaire n’a absolument rien avoir avec [sa] nomination. Je suis chercheuse sur les questions de diversité et j’ai un master spécialisé en droits de l’Homme, je suis clairement demandée sur base de mon expertise et de ma connaissance sur les matières liées à la diversité. Je ne sais pas si tout le monde se rend compte que la configuration démographique de la Belgique et de Bruxelles a changé et qu’il est tout à fait normal que d’autres personnes issues de la diversité soient amenées à occuper certains niveaux pouvoirs. Par ailleurs, je me demande jusqu’où les médias vont continuer à jouer ce jeu qui consiste à titrer sur la première voilée par-ci puis la première voilée par-là. Je me rends aussi compte que les journalistes répondent à une demande du public car les sujets plus ’sérieux’ n’attirent pas autant le lectorat qu’un sujet sur l’islam. A mon avis, il y a une réelle peur légitime de l’islam qui découle de plusieurs facteurs : l’ignorance, la crise, le repli identitaire… Bref, nous sommes face à un problème complexe qui demande une réponse complexe« .
Interrogée pour savoir si elle compte répondre aux différentes interpellations du public, Fatima Zibouh explique qu’elle « refuse de répondre aux messages insultants, dénigrants, méprisants ou carrément racistes » mais qu’il est utile de « répondre aux interrogations légitimes qui appellent des réponses » car il est « nécessaire de créer des espaces de rencontre où l’on peut discuter franchement pour trouver ensemble des réponses aux défis de l’interculturalité« .
Mais la chercheuse met également en garde les journalistes et le public face aux « raccourcis » et aux « fausses informations véhiculées par certains journalistes et certains agitateurs« . « Ainsi je relis, malgré un premier démenti, la fausse information stipulant que j’aurais signé une pétition demandant le retrait du Hamas de la liste des organisations terroristes. C’est faux ! Je n’ai jamais signé une telle pétition. Une journaliste s’est simplement contentée un jour de taper mon nom sur Google pour tomber sur une page reprenant plusieurs pétitions dont celle que je n’ai pas signée. La journaliste n’a même pas pris la peine de vérifier l’information et aujourd’hui je constate les conséquences de cette désinformation. Par ailleurs, on prend la liste des amis sur Facebook pour vous associer à telle ou telle personne publique, c’est totalement stupide pour n’importe quel observateur qui sait comment fonctionne le système d’amis sur Facebook. Je n’ai participé à aucun putsch au MRAX, je suis simplement membre effective de cette association antiraciste. Enfin à propos de Présence musulmane, je ne suis pas membre d’une organisation structurée, c’est plutôt un mouvement de pensée qui essaye de créer des ponts avec les non musulmans. J’en ai marre de ce climat de suspicion qui consiste à assimiler toute organisation musulmane à une cellule dormante d’un quelconque mouvement terroriste. Cela créé un vrai malaise où les musulmans, sommes continuellement obligés de nous justifier. Je trouve qu’on nage en plein délire et j’ai franchement du mal à comprendre cet acharnement. »
(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)
Ecolo nomme la première voilée au Centre pour l’Egalité

Fatima Zibouh vient de publier "La participation politique des élus d'origine maghrébine" aux éditions Academia-Bruylant
Dans un communiqué de presse du Conseil des ministres datant du vendredi (05/02/2010), le gouvernement belge annonce « avoir approuvé un projet d’arrêté royal visant à nommer Mme Fatima Zibouh comme membre suppléant du Conseil d’administration du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, en remplacement de Mme Zakia Khattabi, démissionnaire, dont elle achève le mandat« .
Proposée par le parti ECOLO pour occuper ce mandat politique, Fatima Zibouh, diplômée de l’ULB siègera effectivement dans une fonction exécutive au sein du Conseil d’administration du CECLR (Centre pour l’Egalité des Chances et de Lutte contre le Racisme), soit la plus importante institution publique de lutte contre le racisme en Belgique. La chercheuse du CEDEM (Centre d’Etudes de l’Ethnicité et des Migrations de l’Université de Liège) terminera ainsi le mandat vacant de Zakia Khattabi, députée-sénatrice ECOLO, au sein de l’institution antiraciste mais elle réfute toute adhésion au parti écologiste : « J’ai été très clair lorsque le parti Ecolo m’a approché pour occuper la fonction et j’ai même dû passer devant une commission de sélection Ecolo afin de prouver mes compétences, je pense d’ailleurs que c’est le seul parti qui organise ce genre de sélection pour des mandats politiques. Mais, j’insiste, je reste totalement indépendante des partis politiques et je ne suis pas membre d’Ecolo que du contraire. Que ce soit pour le MR, pour le PS, pour le CDH ou pour Ecolo, j’ai toujours été ouverte aux propositions de collaborations. J’ajoute que le membre effectif pour Ecolo au sein du Centre, Claude Debrulle, n’est pas non plus membre du parti et il siège même pour un autre parti au niveau communal wallon [Claude Debrulle est 1e échevin à Ittre pour la liste P.A. /Participation et Alternatives, ndlr] « , précise Fatima Zibouh.
La nomination de cette chercheuse en sciences politiques a un côté exceptionnel puisque c’est la première fois qu’une femme voilée occupera une telle fonction importante dans une institution publique dépendant directement du gouvernement belge. Le parti ECOLO respecte, dans ce cas précis, son programme électoral de 2009 qui autorise le port du foulard islamique sur base des principes de liberté individuelle et de liberté religieuse.
(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)
Suite du briefing militaire : Non, le foulard ne va pas éviter une agression sexuelle à une femme en Belgique
Le lundi (01/02/2010), un détachement militaire belge et luxembourgeois de l’ISAF (Force internationale d’assistance et de sécurité de l’OTAN opérant en Afghanistan) d’environ 300 soldats en partance pour la ville de Kunduz (Afghanistan) s’est réuni à l’Ecole Royale Militaire de Belgique pour participer à un briefing théorique sur l’islam dispensé par Jacques Rifflet (professeur honoraire de droit international) et Salah Echallaoui (inspecteur de religion islamique en Communauté française de Belgique).
Arrivé en retard à l’Ecole Royale Militaire, le professeur Echallaoui a été présenté comme « le représentant de la communauté musulmane de Belgique » invité pour donner un cours aux soldats belges de l’OTAN à propos « des spécificités de la religion musulmane« .
Après s’être réjoui du discours de Jacques Rifflet qui prouve que le conflit en Afghanistan n’est « pas d’ordre religieux« , Salah Echallaoui a rappelé que »la religion est malheureusement instrumentalisée par des mouvements terroristes qui ont un autre agenda différent de l’agenda des musulmans« .
islam=paix
Le professeur Echallaoui a expliqué que « contrairement aux autres religions comme le christianisme (Jésus Christ) ou le judaïsme (région de Judée), le terme islam ne se réfère pas au fondateur de la religion mais bien au message universel qu’il est censé véhiculer. L’islam signifie paix en français, une paix vers laquelle l’être humain doit se diriger en réaliser d’abord une paix interne rayonnant vers l’extérieur dans ses relations avec ses semblables. D’autres personnes fournissent d’autres interprétations théologiques au mot islam en disant que islam veut dire soumission à la volonté de Dieu mais on reste sur la signification linguistique donc islam signifie paix. C’est ainsi qu’il faut comprendre le salut des musulmans lorsqu’ils se rencontrent (assalamu aleykoum ou que la paix soit avec vous), l’islam est donc qu’un dérivé de ce mot« .
Abordant ensuite « les référentiels des musulmans » dans la vie de tous les jours, cet inspecteur de religion islamique a précisé qu’ils se réfèrent essentiellement à deux textes sacrés (le Coran et la Sunna).
« Mohammed était un homme comme nous »
Evoquant lui-aussi le rôle du prophète Mahomet dans la religion musulmane, Salah Echallaoui a déclaré que »Mohammed est un homme envoyé pour guider l’humanité, il est un homme comme nous qui se marie, qui dort, qui se fatigue. C’est un être humain, il n’est pas sacré, il n’est pas adoré dans l’islam comme étant un Dieu. C’est un simple guide, un simple homme. (…) On parle aussi de spiritualité laïque ou spiritualité athée car l’être humain est capable par lui-même de trouver son chemin ou sa voix et le rôle de ces messages et de ces messagers est uniquement pour guider l’Homme afin de l’aider à retrouver cette voix ».
A propos du « cycle de la prophétie » selon l’islam, Echallaoui a précisé que « Adam est considéré comme le premier homme. Enfin le premier homme ne veut pas dire le premier homme sous la forme que nous connaissons mais bien le premier homme qui reçoit une responsabilité. Cela suppose bien évidemment qu’avant Adam, l’Homme avait une forme et qu’il vient bien sûr d’autres origines, la science est là de toute façon pour le déterminer et pour nous montrer d’où nous venons. Nous parlons donc de l’homme responsable, celui qui reçoit un message. Donc à partir d’Adam jusqu’à Mohammed en passant par Abraham et les autres, du début de l’Humanité jusqu’au 7e siècle, Dieu s’est révélé aux peuples à travers ces hommes. Avec Mohammed, on arrive à clore le cycle de la prophétie et après il n’y a pas de messager et pas de prophète ».
« Allah est d’origine araméenne »
A propos de l’aspect cultuel de la religion musulmane, le professeur a longuement évoqué les « 5 piliers de l’islam » (profession de foi, la prière, le jeûne du mois de Ramadan, la zakat et le pélerinage à la Mècque). « Les musulmans ne reconnaissent qu’un seul Dieu qu’ils appellent Allah mais ce Allah n’est pas un Dieu des musulmans puisque les Chrétiens arabes parlent d’Allah, les juifs arabes parlent d’Allah et d’ailleurs le mot Allah est d’origine araméenne, il n’est même pas d’origine arabe. C’est le nom propre pour désigner le Dieu unique« .
Ne pas comparer la Belgique avec une société datant du 7e siècle
Le professeur Echallaoui n’a pas manqué d’aborder la polémique vestimentaire autour de l’islam devant les soldats belges leur rappelant « vous allez rencontrer la burqa en Afghanistan mais pas ailleurs sauf là où il y a une influence doctrinale dans certains milieux. Par exemple, en Belgique, on peut rencontrer des femmes avec carrément la tête couverte, il y a donc une certaine influence idéologique qui est parvenue jusque chez nous et qui essaye de prendre place alors que l’origine de cette façon de s’habiller n’est pas religieuse mais sociale, tribale même et ethnique. (…) Il y a par exemple un problème qui nous préoccupent actuellement dans les sociétés occidentales, en France, en Belgique, c’est le port du foulard ou du voile pour la femme. Effectivement lorsqu’on approche le texte du Coran, on parle du port du foulard. Mais qu’est-ce qu’on dit exactement ? Quand on lit le verset, il dit : ‘ô Prophète ! Dis aux femmes des croyants de rabattre sur elles leur voile afin qu’elles soient reconnues et pas agressées‘. On doit d’abord essayer de comprendre et d’analyser le verset pour comprendre son but, son objectif ou sa finalité. Le but ici était de protéger la femme d’une agression, on parle d’agression sexuelle à l’époque, et il y avait cette recommendation pour la femme qui veut être respectée, elle devait mettre quelque chose sur sa tête afin qu’on puisse la distinguer d’une autre et qu’on puisse la respecter. C’était une tradition déjà arabe mais qui existait aussi en Occident. On l’a vu jusqu’au 20e siècle, les femmes d’un certain rang noble ne sortaient pas la tête découverte. Lorsqu’on lit le verset du Coran, on le comprend dans ce sens-là. Mais en Belgique, pour la femme, est-ce que c’est le foulard qui va lui éviter une agression ? Bien sûr que non, une femme est une femme, elle vit en complète liberté à côté de l’homme, elle est l’égale de l’homme, elle a sa place dans la société, elle est émancipée, on la respecte en tant qu’être et individu. Donc l’objectif et la finalité de ce verset existe déjà dans la société. Qu’on ne compare donc pas une telle société avec une autre société datant du 7e siècle où on avait besoin de cela pour montrer à l’autre qu’il doit la respecter. Ceux qui font une lecture littérale ne voient pas la finalité et ne comparent pas les contextes. C’est là le malheur et le drame des musulmans qui consiste à s’arrêter à une lecture littérale des textes sans aller plus loin« , déplore l’inspecteur de religion islamique.
« Evitez d’entrer en discussion politique avec un Afghan »
A propos de l’Afghanistan, il rappelle que « la majorité des Afghans appartient à l’ethnie pachtoune, c’est ainsi que les Talibans sont un mouvement essentiellement pachtoune et se trouvent à la frontière pakistanaise, ils sont chez eux, c’est leur tribu et il y a un soutien ethnique qui dépasse le lien religieux, doctrinal ou philosophique. En règle général, les Afghans sont amicaux et polis, ils se saluent de manière élaborée. Le salut arabe est le plus répandu en Afghanistan. On y utilise fréquemment les titres honorifiques (hadji qui signifie pélerin ou mollah pour un chef religieux ou encore khan qui est l’équivalent de sire) comme les titres académiques chez nous. Après la salutation, les gens posent la main sur le coeur en signe de respect, retenez-le pour le comprendre, on peut voir voir ce concept ici aussi. Le concept d’intimité est tout à fait différent dans le monde musulman et particulièrement en Afghanistan. Les hommes se comportent entre eux de façon beaucoup plus intimes qu’en Occident. Par exemple, si vous voyez deux hommes se tenir la main en rue, cela n’a aucune connotation homosexuelle. C’est très fréquent et très habituel chez les gens. La population afghane n’accepte par contre pas facilement que les hommes et femmes d’Occident affichent un comportement intime en rue. Au niveau des conversations, évitez d’entrer en discussion politique avec un Afghan sur un sujet polémique qui divise.«
Poursuivant dans le chapitre des conseils aux soldats belges de l’OTAN, Salah Echallaoui conseille d’éviter « d’utiliser le signe V qui pourrait signifier remporter une guerre contre quelqu’un parce que vous n’êtes pas là en guerre contre l’Afghanistan. L’Occident, le monde musulman et le monde entier sont en guerre contre le terrorisme qui ne représente pas la population afghane. C’est un mouvement minoritaire qu’on peut rencontrer n’importe où. Faites attention, méfiez-vous mais sachez que toute la population afghane n’est pas une population hostile ou terroriste. Il y a des gens qui sont admirables, d’une politesse et d’une gentillesse. Comme l’a dit Monsieur Rifflet, l’armée belge est très appréciée en Afghanistan contrairement à d’autres armées du monde qui sont perçus comme des agresseurs« .
Le briefing sur l’islam des deux experts (Jacques Rifflet et Salah Echallaoui) a été bien accueilli par les officiers de l’armée belge. Aucun incident n’a été signalé à l’exception d’un malaise physique (crise d’épilepsie ?) ressenti par un soldat dans la salle pendant le premier exposé sur l’islam.
(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)
Le ministre de la Défense ne s’associe pas au briefing militaire sur l’islam
Séance plénière du jeudi (04/02/2010) à la Chambre des Représentants de Belgique :
« Question de M. Georges Dallemagne au ministre de la Défense sur « le briefing reçu par les militaires belges partant en Afghanistan »
(n° P1660)Georges Dallemagne (cdH): L’agence de presse Parlemento.com publie des informations surprenantes sur un briefing à l’École royale militaire, avant le départ de trois cents soldats pour l’Afghanistan.D’après cette agence, un professeur de droit international aurait tenu des propos surprenants sur Mahomet, sa filiation, sa vie sexuelle, dont voici quelques extraits: « Ce sont les hommes virils qui donnent des garçons et des hommes à moitié virils qui donnent des filles. Une fille, c’est une petite catastrophe parce qu’il faut la marier. Un garçon, c’est la force, c’est le guerrier. C’est très important! » Au passage, il égratigne nos alliés en Afghanistan (Américains, Hollandais, Britanniques et Allemands, qui « ont un passé colonial » alors que les Belges seraient « les seuls à être bien vus par la population afghane »)!
Cautionnez-vous ce type d’informations? Seront-elles répétées?Inge Vervotte, ministre, au nom de M. Pieter De Crem, ministre de la Défense (en français): Tous les contingents en partance pour l’Afghanistan reçoivent, au début de leur mission, des séances d’information pour lesquelles la Défense fait appel à des spécialistes externes. Le professeur Jacques Rifflet fait partie des personnes régulièrement invitées depuis 2004. M. Rifflet a été avocat, professeur et journaliste. On lui doit un livre, Le monde du sacré. Selon l’État major de la Défense, les déclarations citées forment une transcription littérale de ses propos, qu’il convient de resituer dans le cadre de la situation géopolitique en Afghanistan. Dans la salle se trouvaient des membres de la communauté musulmane, ils ne se sont pas sentis offensés. Le ministre de la Défense ne s’associe pas à ce discours et donnera des directives pour que de telles interprétations ne puissent plus avoir lieu.
Georges Dallemagne (cdH): Un tel briefing est très important pour la sécurité de nos soldats et leurs relations avec la population. Dès lors, il me semble nécessaire d’éviter des propos aussi ahurissants, qui peuvent être blessants, pour l’islam ou nos alliés. J’ai bien pris note que cela n’arrivera plus.
L’incident est clos. »
Briefing « islam » des militaires belges en partance pour l’Afghanistan
Ce lundi (01/02/2010), un détachement militaire belge et luxembourgeois de l’ISAF (Force internationale d’assistance et de sécurité de l’OTAN opérant en Afghanistan) d’environ 300 soldats en partance pour la ville de Kunduz (Afghanistan) s’est réuni à l’Ecole Royale Militaire de Belgique pour participer à un briefing théorique sur l’islam dispensé par Jacques Rifflet (professeur honoraire de droit international) et Salah Echalaoui (inspecteur de religion islamique en Communauté française de Belgique).

Jacques Rifflet est également membre de la Commission gouvernementale pour le Dialogue interculturel
Pendant son discours d’environ une heure et demie, le professeur Jacques Rifflet, présenté comme un « spécialiste des questions religieuses » et ex- »conseiller de la chaîne RTL pendant la guerre du Golfe« , a dressé un »tableau de la politique internationale et de l’Afghanistan« .
Ce spécialiste belge estime que « pour comprendre l’Aghanistan, il faut comprendre l’ensemble de l’islam qui est divisé en deux grandes parties : d’une part les sunnites qui sont surtout dirigés par l’Arabie séoudite et d’autre part les chiites« . Illustrant son exposé par des cartes et l’arbre généalogique du prophète Mahomet, Jacques Rifflet s’attardera longuement sur la vie familiale et sexuelle du personnage historique :
« Voici un tableau qui indique la succession du prophète. Vous voyez tout en haut le nom de « qoraichite » (les gens qui habitent la Mécque) du nom de l’ancêtre qui s’appelait Qoraich. Mahomet descend de Hachem du nom de la dynastie hachémite, soit la dynastie la plus célèbre de l’islam puisqu’elle contient Mahomet. En bas de cette succession, vous trouvez le petit roi Hussein de Jordanie dont le fils s’appelle Abdallah II, le roi de Jordanie soit le descendant directe de Mahomet, vous devinez donc l’importance du roi de Jordanie comme poids dans l’islam. Puis, ici vous avez à la droite [de Mahomet] quelqu’un de très intéressant qui s’appelle Ali qui a épousé une fille de Mahomet à savoir Fatima. Donc, Fatima + Ali, cela donne deux garçons. C’est très important parce que Mahomet n’a eu que 5 filles, or une fille pour un musulman signifie généralement que l’homme a des spermes de mauvaise qualité. Je ne plaisante pas. Ce sont les hommes virils qui donnent des garçons et les hommes à moitié virils qui donnent des filles. C’est évidemment aussi parce que la fille il faut la marier, cela coûte une dot, une fille c’est une petite catastrophe parce qu’il faut la caser comme on dit en français, il faut la placer. Un garçon, c’est la force, c’est le guerrier, c’est très important un garçon. Et Mahomet est allé se plaindre auprès d’Allah parce qu’il n’avait que des filles.
C’est d’ailleurs le fameux livre de [Salman] Rushdie, les Versets Sataniques, qui raconte que Mahomet a été se plaindre mais cela a été supprimé du Coran et donc maintenant Rushdie a été puni par une fatwa, « il faut le tuer ! » parce qu’il a osé dire que Mahomet avait été réclamé auprès d’Allah. C’est une des censures principales, on ne peut pas dire cela. Evidemment, voilà qu’Ali donne à Mahomet 2 petits-enfants hommes, mâles, c’est donc remarquable. Ali va satisfaire fantastiquement Mahomet en lui donnant deux petits garçons. Mahomet est devenu orphelin à l’âge de 6 ans, père et mère morts, et il habite à ce moment-là chez son oncle Aboutalib, qui est le père d’Ali. Donc, Ali devient le petit-frère de Mahomet qui est adopté par Aboutalib. C’est donc le gendre, le cousin et le petit-frère. Il va quasiment être le compagnon de route de Mahomet, il est donc très célèbre. Dans l’autre colonne [du tableau de succession du prophète] vous avez un ancêtre qui s’appelle Omeyya, cette lignée se nomme donc les Omeyyades qu’on compare ici aux Hachémites.
Quand Mahomet va mourir, les Hachémites vont dire que la succession de Mahomet doit se faire dans la famille [du prophète]. Le premier calife qui va suivre Mahomet sera un beau-père de Mahomet, le deuxième calife sera un beau-père de Mahomet, il a des réserves puisqu’il a 9 beaux-pères. On a donc un deuxième beau-père qui s’appelle Omar et il va être très important parce qu’il va commencer à augmenter la surface géographique de l’islam. Donc l’islam va commencer à s’agrandir exactement comme dans la religion chrétienne, c’est Saint-Paul qui va faire agrandir la surface géographique du christianisme, il ira chez les Grecs et chez les Romains.
Omar est donc très important, il décède et on demande à Ali d’être le troisième calife mais Ali est trop jeune et il dit qu’il n’est pas prêt pour être le successeur de Mahomet. Alors, la commission qui doit désigner le nouveau calife va aller chercher un certain Othman, le troisième calife. Il faut savoir qu’au début, on considérait Mahomet comme quelqu’un d’un peu fou. Il est en train de raconter qu’il a entendu l’ange Gabriel dans le désert, que Dieu lui a dicté le Coran et tout le monde lui dit qu’il a eu un coup de soleil. Mahomet n’est au début pas considéré comme quelqu’un de dangereux, attention. Il est tout à fait comme Jésus, c’est un socialiste, c’est-à-dire quelqu’un qui dit les pauvres d’abord, les riches sont méchants, les grands marchands sont des gens trop riches, ils doivent aider les pauvres.
Vous comprenez que les Omeyyades, qui sont les capitalistes ou les grands marchands de la Mècque, ne vont pas accepter que Mahomet commence à soulever le peuple. Ils vont être très fâchés contre Mahomet et vous savez que les Omeyyades ont voulu tuer Mahomet ! Exactement comme Jésus, au début personne ne le croit. Jésus qui raconte qu’il est le fils de Dieu, puis il commence à recruter et il commence à expliquer qu’il est pour les pauvres. Rappelez-vous que Jésus va entrer dans le temple et chassez les marchands. Les religions commencent toujours à gauche et terminent à droite, c’est connu. Donc, lorsque les Omeyyades voulaient tuer Mahomet, celui-ci a dû s’enfuir dans la ville de Médine, c’est ce qu’on appelle l’Hégire en 622 après Jésus-Christ. Il y aura la guerre entre les Hachémites et les Omeyyades et Mahomet va gagner cette guerre pour finalement s’emparer de la Mècque.
Remarquez que Mahomet est à la fois un prophète et un guerrier, ce qui veut dire qu’il y a dans l’islam un fond où le temporel est sans arrêt nécessaire. La religion musulmane mélange le spirituel et le temporel, vous comprenez le problème ? Le problème est là : lorsque les musulmans occupent une majorité d’un pays, ils veulent automatiquement mélanger la religion à l’Etat, il y a donc un problème pour la laïcité. Vous n’avez aucun pays musulman où il y a véritablement une laïcité à la tête de l’Etat, c’est-à-dire une neutralité. L’Arabie séoudite ? Théocratie ! L’Iran ? Théocratie ! Pratiquement le Maroc ? Théocratie, c’est-à-dire au fond Dieu dirige. L’Algérie ? Pratiquement une théocratie avec parfois des apparences laïques mais la religion musulmane occupe le territoire du temporel.
Notez bien que le christianisme n’a jamais voulu faire cela au départ mais lorsque le christianisme est arrivé à Rome, il a pris en main le temporel. C’est pour cela que le christianisme essaye aussi d’arriver parfois au pouvoir. (…) Il est impossible qu’un pays musulman soit dirigé par quelqu’un qui n’est pas musulman. Donc, c’est la guerre, Mahomet va s’emparer du pouvoir et va pardonner aux Omeyyades s’ils acceptent de devenir musulmans. Ainsi tous les Omeyyades deviennent musulmans mais en donnant le califat à Othman, c’est comme si vous donnez la succession aux grands marchands, aux capitalistes. Othman va vouloir supprimer le socialisme des Hachémites et il va se rendre compte que les musulmans n’ont pas de livre alors que les Chrétiens ont la bible et les juifs la Torah ou le Talmud. Othman va donc faire rédiger le Coran, 12 ans après la mort de Mahomet, on rédige ainsi le Coran.
Vous devinez la colère des Hachémites qui disent que c’est un ancien ennemi, soit le fils du pire ennemi (Abou Sofiane) qui voulait la mort de Mahomet et qui est aussi l’oncle d’Othman et Othman écrit le Coran. Othman règne pendant 18 ans, il est assassiné par un vrai musulman. La commission demande alors à Ali s’il veut devenir calife, Ali dit oui tout de suite. Aïe, aïe ! A peine, devient-il calife qu’un Omeyyade [Mohawiya] déclare que c’est Ali qui a fait tuer Othman et c’est donc la guerre. Ali et son fils Hossein vont alors mourir assassiner. Le clan d’Ali perd la guerre et Mohawiya va faire écrire un deuxième livre qui s’appellera la Sunna qui rassemble les paroles de Mahomet en dehors de la révélation. On dit en droit que c’est la jurisprudence ou l’interprétation de l’islam par le prophète lui-même. C’est insupportable pour les Hachémistes qui forment alors un clan. Ceux qui sont pour la Sunna sont les sunnites et ceux qui sont plutôt partisans d’Ali deviennent les chiites.
Donc les chiites sont les partisans d’Ali et les sunnites les partisans des grands marchands de la Mècque. Ce sont les Omeyyades qui vont gagner la guerre et donc le sunnisme devient majoritaire. 85 % de l’islam est sunnite et 15 % est chiite. Mais c’est terrible parce qu’ils se haïssent. Ils s’entretuent depuis le 7e siècle après Jésus-Christ. C’est comme si au sein du christianisme, la Saint-Barthélémy continuait à l’infini. Donc les sunnites et les chiites se détestent, regardez ce qu’il se passe en Irak.«
Détaillant les enjeux géopolitiques autour du gaz au Turkménistan, le professeur Rifflet a poursuivi en expliquant aux soldats belges les conséquences de la dislocation de l’URSS, les enjeux énergétiques régionaux et l’arrivée de Boris Yeltsine au pouvoir qu’il qualifie de « métronome sur un piano à queue… toc… toc… toc… toc… corruption, vodka, corruption, vodka. Monsieur Yeltsine ne dirige rien, il enrichit sa famille, il est complètement corrompu et la malheureuse Russie descend une pente épouvantable jusqu’au jour où la Russie n’arrive plus à payer le gaz turkmène« .
Pour contourner l’Iran et dans le but de pacifier l’Afghanistan afin de faire passer un gazoduc depuis le Turkménistan, « les Américains se sont alliés aux Arabes séoudiens qui sont les pires intégristes au monde. Les femmes y portent la niqab, elles ne peuvent pas conduire, on y lapide encore les femmes adultères et on découpe les gens à coup de sabre, actuellement en 2010 en Arabie séoudite. Ce sont les alliés des Américains. Ces Arabes commencent à financer toute la résistance afghane contre les athées soviétiques. Ils vont former 150 écoles coraniques le long de la frontière afghano-pakistanaise pour former les Talibans. Ces Talibans ont donc été formés par les Etats-Unis et l’Arabie séoudite pour combattre les Russes. (…) Ensuite, les Talibans ont être réarmés par les Américains pour aller à la conquête du gaz turkmène. Malheureusement pour eux, ils vont être lâchés par les Américains parce qu’ils deviennent infréquentables. Premièrement, ils font exploser de fantastiques statues de Bouddha ayant 2.000 ans d’ancienneté, ce qui met en colère l’Asie entière. Deuxièmement, il existe aux Etats-Unis quelque chose de pire que la bombe atomique : les ligues féministes. En voyant les photos des femmes à burqa en Afghanistan, ces Américaines disent qu’on ne peut pas soutenir un tel régime qui interdit aux femmes d’apprendre à lire et qui les transforme en pompes à essence. Les Etats-Unis abandonnent ainsi les Talibans, ceux-ci hébergent Al Qaeda et pivotent vers l’absolutisme ».
« Comment aujourd’hui sortir de cette situation épouvantable ? Et bien, on va demander aux Afghans modérés aidés par vous et par les Américains de créer un pays viable avec une armée afghane et une police afghane qui vous remplaceraient. Mais ce n’est pas facile parce qu’il y a une grande pauvreté dans le pays. Votre mission est vitale. En tant que Belge, vous avez une virginité colonialiste. Vous n’êtes pas un grand pays, vous ne représentez pas là un pays avec un passé colonial. Les Américains sont déjà trop impliqués, les Anglais ont été très colonialistes, les Français aussi. Les Belges, comme les Hollandais, les Allemands ou les Polonais, sont très bien reçus. Il faut résoudre le problème afghan qui est beaucoup plus dangereux que le problème irakien. Si on ne consolide pas ce pays, les Talibans vont déstabiliser le Pakistan, un pays qui possède la bombe atomique. Déjà qu’il y a une bombe atomique iranienne en construction qui tombera entre les mains des ayatollahs qui veulent supprimer Israël, maintenant il y a déjà une bombe atomique pakistanaise et si les Talibans s’emparent de ça, mais où va-t-on ? Imaginez un terroriste possédant des armes de destruction massive. Votre mission est donc vitale ! Il faut prendre le pays à bras le corps pour lui donner confiance, il faut créer une démocratie, supprimer la corruption bref tout ça est un travail gigantesque. Les Belges sont toujours très bien accueillis, on ne peut pas vous soupçonner de vocation impérialiste, vous n’allez pas là-bas pour vous emparez du pétrole ou du gaz, vous avez une véritable mission humanitaire pour ces populations« , conclut Jacques Rifflet.
(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)
« Dieudonné est un prénom qui fait peur aux gens de la culture »
Ce jeudi (28/01/10), le cinéma Nova à Bruxelles a organisé une projection du nouveau film d’Olivier Mukuna baptisé « Est-il permis de débattre avec Dieudonné ?« . Il s’agit d’une captation vidéo sur le vif d’un débat public de 84 minutes datant du 23 mars 2009 organisé dans un centre culturel bruxellois en présence de l’humoriste français Dieudonné M’Bala M’Bala qui affronte et répond aux commentaires de l’écrivain Jean Bofane, du cinéaste Jan Bucquoy, du chercheur Souhail Chichah, du journaliste José Dessart, de l’écrivain Antoine Tshitungu et du professeur en linguistique Dan Van Raemdonck.
Participant à un débat avec le public du cinéma Nova, le réalisateur et modérateur du débat Olivier Mukuna expliquera que « l’idée du débat vient en fait du directeur du théâtre Saint-Michel qui était très désappointé de voir annuler le spectacle de Dieudonné suite à sa provocation avec Faurisson. On a décidé d’organiser un débat avec des gens des médias et de la culture dans le théâtre, un débat qu’on filmerait. Malheureusement, quelques jours avant, le directeur du théâtre fait un malaise cardiaque et le directeur-adjoint estime qu’organiser un tel débat est trop risqué et on se retrouve alors sans salle pour pouvoir discuter. Pendant 5 jours, on a cherché activement une salle qu’on a finalement trouvé 24 heures avant le débat soit le mardi 24 mars 2009 à la veille d’une représentation de Dieudonné à Saint-Josse. La location de cette salle dans un lieu culturel (La Roseraie) s’est également faite à la belge : on s’est présenté, on a dit qu’on voulait louer une salle. Les responsables nous a répondu : ‘c’est pour quoi faire’. On a dit qu’on voulait organiser une conférence sur la liberté d’expression alors ils nous ont dit que c’était 50 euros. Et voilà, on avait notre salle« .
Olivier Mukuna a particulièrement tenu à remercier les responsables du cinéma Nova à Bruxelles d’avoir oser programmer la projection de son film ainsi que les orateurs du débat filmé d’avoir acceptés d’y participer « parce que la liste des personnes ayant refusées est vraiment interminable« . Le journaliste indépendant explique que « c’est une question de subsides et une question politique » qui poussent les centres culturels et les intellectuels à refuser tout contact avec l’humoriste français.
Refusant de dévoiler, pour le moment, la liste des personnes ou des associations refusant de débattre avec Dieudonné, Olivier Mukuna précise « qu’à l’abri des caméras, beaucoup de personnes avouent que Dieudonné aborde des sujets intéressants mais dès qu’on allume une caméra, les mêmes le qualifient de monstre, d’ordure, d’antisémite. A titre personnel, j’ai été très déçu de l’attitude d’Edouard Delruelle du Centre pour l’Egalité des Chances que j’ai invité. Contrairement à d’autres, il a été interviewé sur le sujet Dieudonné par Le Soir, la radio, la télévision et il avait justement une occasion en or de dire tout le mal qu’il pensait du personnage en face de Dieudonné en compagnie d’autres intervenants. Mais il m’a juste répondu par mail un truc du genre nous accusons tous Dieudonné de faire l’apologie du négationnisme« .
Critiquant « l’autoroute médiatique » à l’égard de Dieudonné, Olivier Mukuna rappelle que « cet humoriste continue aujourd’hui de remplir les salles, de remplir le Zénith avec plus de 5.000 personnes. Depuis l’année passée à Saint-Josse, il est déjà venu à 3 reprises à Bruxelles pour se produire dans des conditions semi-clandestines devant un millier de personnes. Ce n’est pas juste une histoire de provocation gratuite ou une personne qui déconne ou qui délire. Il y a des gens qui se reconnaissent en lui, il y a un débat de société, il y a la défense de la liberté d’expression. C’est un peu pour tout ça que j’ai eu envie de faire ce film« .
Dans le film, Dieudonné plaide notamment pour « une révolution par le rire » en bousculant « les frontières quelles soient géographiques, ethniques ou religieuses pour s’amuser au risque de choquer ceux qui y sont attachés de manière hystérique » en passant par l’organisation « d’attentats humoristiques« . « Moi je suis un non événement en réalité, je suis un leurre et plus ils s’énervent, plus ça m’excite. J’ai des copains qui me disent parfois arrête Dieudo, je crois que c’est chaud-là. Moi, je dis non, c’est maintenant qu’il faut porter le coup de grâce. Moi, je suis arrivé sur mes thèmes de recherche par accident, je ne maîtrise absolument pas la pédagogie, je ne contrôle pas et je suis en risque permanent. Est-ce que c’est de nature à créer une révolution ? Je ne sais pas mais c’est vrai qu’au fond de moi, je l’attends cette révolution, j’aimerais que cela change. Est-ce que ce sera une révolution par la politique, par le droit, par les élections ? Je n’en sais rien mais moi j’essaye de la provoquer par le rire pour que chacun puisse trouver en lui la révolution. Rire, rire profondément. Je cherche par mon oeuvre artistique à provoquer des réflexions que je ne contrôle pas. C’est complètement un développement organique où je me demande moi-même ce qu’il va se passer ensuite. C’est pour cela que je précise à chaque fois dans mes spectacles qu’en sortant de cette salle n’allez pas tuer des gens. Rigolez un peu mais n’attisez pas la haine. Je pense sincèrement que j’ai touché un terrain extrêmement sensible et c’est la question d’Israël, la sacralité, la nouvelle religion. Je me dis là où les armes et la diplomatie ont complètement échoué, au mois laissez le rire s’installer et puis on verra. On ne peut pas demander à un humoriste de faire de la pédagogie en lui demandant d’éduquer les gens à être moins racistes. Je dis souvent : regarde le ridicule du racisme parce que quand tu es raciste, tu es drôle, ridicule et grotesque« .
(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)
La Communauté française s’intéresse aux messages haineux en langue étrangère
« La propagation dans les médias de stéréotypes à l’égard des personnes d’origine étrangère n’est pas un fait nouveau. Le phénomène a été étudié et analysé en Communauté française et plus largement à l’échelle du pays. Ces travaux portent souvent sur les médias d’expression française ou néerlandaise, en omettant ceux destinés aux communautés étrangères qui s’expriment dans une autre langue. La liberté d’expression est bien entendu un droit fondamental. Il n’en demeure pas moins que certains discours pourraient entrer en conflit avec d’autres droits fondamentaux, risquant ainsi de provoquer ou d’inciter une partie de la population ou une communauté à entamer des actions violentes ou insultantes envers un autre groupe ou une autre communauté vivant en Belgique« , a déclaré Pierre Migisha (CDH, parti centriste francophone) lors d’une interpellation du mardi (26/01/10) adressée à Fadila Laanan (PS, parti socialiste francophone) la ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. Le député centriste s’interroge sur les outils dont dispose « la Communauté française pour sensibiliser, étudier et produire des rapports sur les discours politiques tenus en langue étrangère dans les médias – traditionnels ou électroniques – locaux, régionaux ou internationaux et ayant une quelconque incidence pour notre société« .
Dans sa réponse, Fadila Laanan rappelle l’existence « d’instruments relativement nouveaux permettant de sanctionner des messages à caractère raciste, sexiste ou homophobe » comme le décret (du 12/12/08) relatif à la lutte contre certaines discriminations ou la signature d’un nouveau protocole avec le Centre pour l’Egalité des Chances qui lui permet notamment de lancer des campagnes de sensibilisation.
« Le fait que des messages racistes soient exprimés dans une langue autre que le français n’a pas d’importance au regard du décret. Cependant, cette législation ne s’applique qu’à des personnes morales ou physiques situées sur le territoire de la Communauté française. Il n’existe pas de cadre général tendant à interdire les messages qui ne sont pas véritablement empreints de racisme, de sexisme ou d’homophobie mais qui ont un caractère manifestement extrémiste ou intégriste. L’extrémisme ou l’intégrisme ne sont pas des notions suffisamment précises et consensuelles pour être insérées dans une législation. Il n’empêche que certains de ces messages troublent manifestement l’ordre public. Dans ce cas, les tribunaux peuvent être saisis« , rappelle la ministre.
A propos de la cyber-haine (messages racistes circulant sur internet), la question relève d’une part de la législation sur le commerce et d’autres part des lois fédérales contre les discriminations mais l’application de ces mesures se heurte souvent à la question du lieu d’émission (souvent hors Communauté française) de ces messages. « Ces carences ne signifient pas qu’un internaute aux prises avec un message raciste n’ait pas la possibilité d’agir. Il peut à tout le moins protester auprès du fournisseur de services responsable de la diffusion d’un tel message. Je vous invite à prendre connaissance de la brochure diffusée par le Centre pour l’Égalité des Chances intitulée Delete cyberhaine, disponible sur son site Internet », conclut Fadila Laanan.
(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)
Bougies, chansons et silence à la mémoire de Hrant Dink
Ce mardi soir (19/01/2010), une cinquante de personnes s’était réunie à Bruxelles devant la stèle commémorative du génocide des Arméniens (Square Henri Michaux à Ixelles) pour participer à un recueillement à la mémoire de Hrant Dink, journaliste turc d’origine arménienne assassiné à Istanbul le 19/01/2007.
L’événement était organisé par 4 associations bruxelloises (Association des Arméniens Démocrates en Belgique, Association des Assyriens en Belgique, Fondation Info-Türk et Institut kurde de Bruxelles). Prenant la parole au nom de ces associations, le journaliste professionnel Dogan Özgüden a lu un communiqué qui s’adresse à « tous ceux qui croient, qui espèrent et qui ont foi dans l’avenir ont le devoir de ne pas baisser les bras, de ne pas oublier et de réclamer inlassablement la justice pour ce journaliste passionné [Hrant Dink] mais aussi pour tous les autres qui l’ont précédé et qui le suivent en Turquie, pour tous ceux que l’on tente de museler par un semblant de droit reflété dans un code pénal qui fait honte aux valeurs démocratiques universelles« .
Interrogé en marge de l’événement, Dogan Özgüden ajoutera à titre personnel qu’il est « doublement affecté par la mort de Hrant Dink pas seulement par rapport à sa spécificité ethnique vivant autrefois dans le même pays mais également en tant que collègue journaliste. Il y a quelque chose de vraiment ironique dans l’histoire puisque l’homme [Mehmet Ali Agca] qui a participé au meurtre d‘Abdi Ipekçi, mon ancien rédacteur-en-chef au journal Milliyet, a été libéré et est aujourd’hui présenté par les médias turcs comme un héros national alors qu’il a surtout passé 30 ans pour la tentative d’assassinat contre le pape et non contre le meurtre effectif d’un journaliste. Aujourd’hui, ce personnage est présenté comme un exemple idéal à une partie de la jeunesse turque d’extrême droite en manque de repères. En plus, Mehmet Ali Agca n’avait pas fait son service militaire et les autorités turques lui ont rapidement produit un rapport médical le jugeant inapte pour le service militaire alors qu’un élu kurde comme Nurettin Demirtas, à l’époque Président du DTP, a été emmené manu-militari au service militaire alors qu’il disposait d’un rapport médical. Ce genre de double traitement ne peut que mener à la révolte et à la protestation. Pour en revenir à Hrant Dink, je l’ai croisé plusieurs fois à Bruxelles parce qu’il passait ici pour rendre visite aux membres de sa famille et aussi pour donner des conférences à la diaspora arménienne en Europe en tant que porte-parole des Arméniens de Turquie. Hrant Dink était également une personne ressource pour les instances européennes en matière de minorités en Turquie compte tenu du travail de recherche historique qu’il avait déjà mené sur la communauté arménienne de Turquie. Ainsi la mort de Hrant Dink a eu donc d’importantes conséquences à plusieurs niveaux et le fait que la procédure judiciaire en Turquie n’a pas encore abouti 3 ans après son assassinat font dire à certains, dont le fils de Hrant, que la justice turque est vraiment défaillante. C’est justement pour montrer qu’on suit ce dossier, qu’on n’a rien oublié et qu’on n’oubliera pas qu’il est important d’organiser ce genre de recueillement à la mémoire du défunt journaliste« .
Vivant à Bruxelles, la belle-soeur de Rakel (épouse de Hrant Dink) est venue lire un poème qu’elle a écrit en langue arménienne pour commémorer le 3e anniversaire de l’assassinat de son beau-frère. Plusieurs chansons en langue arménienne ont été chantées par quelques personnes. Une autre femme arménienne non identifiée est ensuite venue lire un autre communiqué devant le monument pour expliquer que « le journaliste Hrant Dink était devenu le porte-parole des Arméniens vivant en Turquie et le lien avec les Arméniens de la diapora. A lui seul, il exprimait les sentiments du peuple arménien, c’est pourquoi nous sommes persuadés que son assassinat était prémédité et que le but recherché était de réduire au silence le peuple arménien. Cela fait presque qu’un siècle que nous demandons la reconnaissance du génocide arménien à la Turquie pour que nos ancêtres trouvent la paix de leurs âmes et qu’une lignée des familles disparues soit honorée avec respect. Malheureusement la Turquie reste indifférente à cette demande et continue de nier les faits. Comment dans ce contexte accepter que le procès de Hrant Dink soit jugé en Turquie, cette Turquie qui parle de justice alors qu’elle camoufle son histoire avec arrogance. Par conséquence, nous demandes à l’Union européenne et aux Etats-Unis de reprendre le débat avec la Turquie pour faire reconnaître officiellement le génocide arménien et nous invitons la Turquie à l’accepter et à le signer afin que notre histoire soit écrite conformément à la réalité dans le monde entier mais surtout pour les Arméniens qui vivent en Turquie« .

Une cinquante de personnes s'est réunie à Bruxelles devant le monument au génocide des Arméniens pour commémorer le 3e anniversaire de l'assassinat de Hrant Dink
Un dignitaire religieux arménien a pris la parole pour rappeler qu’il s’agit ici avant tout d’ »un moment de recueillement, de mémoire et de dignité. On a peut-être assez dit mais il est utile de rappeler qu’on peut certes tuer une personne mais le corps ne peut pas tuer l’âme, l’esprit et les pensées d’un homme. Justement à propos des pensées de Hrant Dink, il faut rappeler qu’il était un homme de dialogue, de conviction, de paix et de justice. Un homme dont la vie s’est arrêtée subitement dans des conditions que nous connaissons tous. Bien sûr, on ne peut pas accepter une telle chose si nous avons des convictions spirituelles et religieuses quelles que soient nos appartenances. Je parle des religions monothéistes, qu’on soit musulman, chrétien ou juif, tuer un individu c’est quelque part blesser le seigneur puisque nous croyons que Dieu a créé l’homme à son image. Où se trouve dans cet acte l’amour de Dieu ? Je voudrais qu’on reste dans la dignité, dans le respect, dans le recueillement, dans le silence. Réflechissons, gardons le silence pour tout dire et rien oublier. Merci beaucoup« .
(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)
Concert des « loups gris » sponsorisé par les autorités belges ?
Ce dimanche (17/01/10), à peine une cinquantaine de militants et de sympathisants d’extrême droite turque était réuni dans la salle Nazar Dügün Salonu (ex-Marignan) au 33 Chaussée de Louvain à Saint-Josse dans le but d’assister au concert d’Arif Sirin (alias Ozan Arif), artiste militant à la droite du MHP (Milliyetçi Hareket Partisi – Parti d’Action Nationaliste, extrême droite nationaliste turque) et auteur des paroles d’une chanson « Plan yapmayin plan » (Des plans, ne faites pas des plans) à la gloire des meurtriers du journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink assassiné à Istanbul le 19/01/2007.
Le concert de ce dimanche était organisé et financé par une association de fait baptisée « Belçika Türk Vatanseverler Birliği » (Union des patriotes turcs de Belgique, en abrégé TURK-BIR) fondée par d’ex-dirigeants de la Fédération turque de Belgique passés en dissidence avec la fédération. Cependant, certaines personnes présentes dans la salle ce dimanche ont également évoqué un possible financement indirecte des autorités belges via des subventions publiques pour la mise sur pied de ce concert politiquement sensible. De fait, les tickets d’entrée du concert nationaliste de ce dimanche étaient distribués dans des enveloppes portant le logo et le sceau officiel de la Maison du Hainaut, « une plateforme active et citoyenne de la province du Hainaut » présidée par le député provincial PS Yves Lardinois. L’ensemble de la coordination et les contacts étaient gérés par une employée chargée de l’aide à l’intégration de la Maison du Hainaut.
A noter qu’aucun incident ne s’est produit pendant le début de la soirée malgré l’expulsion du journaliste indépendant Mehmet Koksal (Parlemento.com) de la salle à la demande des organisateurs. D’autres journalistes turcs considérés comme plus favorables aux organisateurs n’ont pas été inquiétés par les mêmes organisateurs.
En début du concert, des extraits de la chanson « Plan yapmayin plan » à la gloire des meurtriers du journaliste turque d’origine arménienne Hrant Dink ont été joués sur scène à partir d’un CD avant le passage des artistes pour tester les réglages audios. Un immense poster de la taille d’un mur avec le portrait d’Alparslan Türkes (leader historique de l’extrême droite turque) meublait l’arrière-plan de la salle du concert où devait se produire les artistes de la soirée.
A noter que ce concert nationaliste turc à Bruxelles en présence notamment d’Ozan Arif et d’Esat Kabakli se déroule dans un contexte particulièrement tendu au niveau local étant donné que plusieurs autres associations (Association des Arméniens Démocrates en Belgique, Association des Assyriens en Belgique, Fondation Info-Türk et Institut kurde de Bruxelles) organisent ce mardi (19/01/10) un recueillement à la mémoire de Hrant Dink devant le monument bruxellois au génocide des Arméniens.
Ce n’est pas la première fois qu’un spectacle politiquement sensible a lieu dans ce lieu. En effet, c’est la même salle Marignan qui avait fait l’objet d’une forte attention policière et médiatique belge lors du récent passage de l’humoriste et homme politique français « Dieudonné » à Saint-Josse sous le contrôle unanime et réprobateur du collège de Saint-Josse (la commune avait même tenté d’empêcher en vain le concert en portant plainte devant le Conseil d’Etat) ainsi que le contrôle du Président du MRAX Radouane Bouhlal venu d’initiative « screener » les éventuels dérapages antisémites de l’humoriste français.Contrairement à ce cas, le concert des sympathisants d’extrême droite turque n’a bénéficié d’aucune attention particulière et visible des autorités médiatiques, politiques ou judiciaires belges probablement du fait que l’ensemble de l’événement se déroule à Bruxelles en langue turque.
(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)
















