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Nkiama Mayimbi (DP) : »J’ai payé ma cotisation au PS jusqu’en 2010″

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Alphonse Mayimbi est tête de liste à Bruxelles pour Diversité Positive

Alphonse Mayimbi est tête de liste à Bruxelles pour Diversité Positive

« Diversité Positive est un parti qui prône la diversité dans tous les sens et de manière positive. La diversité est positive dans son essence car elle milite toujours pour le progrès et jamais pour le status quo. Chez nous, l’homme est au centre des préoccupations des activités humaines car la finalité de tout doit être l’homme. Comme Platon, nous estimons que le mal dans la Cité représente le mal dans l’Homme et c’est à nous de guérir ce mal pour sauver l’humanité« , explique Nkiama Mayimbi-ma-Muanda, tête de liste pour Diversité Positive (DP) à Bruxelles. Cette liste avait recueilli les 500 signatures obligatoires pour pouvoir se présenter aux élections du 7 juin 2009 mais n’avait pas fait valider les signatures d’électeurs auprès de différentes administrations communales avant de les présenter au bureau principal de circonscription électorale. “On nous avait demandé de récolter au moins 500 signatures, un travail de titan pour les petits partis, c’est ce que nous avions fait. Personne ne nous avait dit qu’il fallait encore les légaliser“, avait réagi à l’époque le cofondateur congolais Alhongo Engboko. Diversité Positive sera finalement sauvé grâce au parrainnage d’un parlementaire bruxellois sortant.

La tête de liste DP s’appelle Nkiama Mayimbi-ma Muanda mais ses connaissances préfèrent l’appeler « Alphonse Mayimbi« , alias « Papa Mayimbi » ou « Doyen« . La soixantaine entamée, l’intéressé – originaire du centre urbain de Tsela, dans le district de Mayumbe, à cheval entre les 2 Congo (Kinshasa et Brazzaville) – se présente aujourd’hui comme « un homme d’affaires » vivant « depuis 40 ans à Bruxelles« . Arrivé à Bruxelles le 7 décembre 1969 comme étudiant boursier en droit à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) et à Paris I Sorbonne, il fonde et dirige – depuis Bruxelles – l’Union des Forces Progressistes du Congo/Kinshasa (UFPC) et milite au sein du Front congolais pour la démocratie (1982-1985) jusqu’au 24 avril 1990, date à laquelle le régime de Mobutu est forcé de s’ouvrir au multipartisme et met sur pied une « conférence nationale« . « Bien que dirigeant d’un parti politique congolais, j’ai refusé de participer à cette conférence nationale« , se souvient Nkiama Mayimbi-wa Muanda. Il préfère rejoindre le Conseil de l’opposition pour la démocratie au Congo (CODC) qu’il présidera brièvement entre 1991 et 1992 au moment où l’opposant historique Etienne Tshisekedi accepte le poste de Premier ministre sous le règne de Joseph Mobutu pour être remplacé une dernière fois par Kengo Wa Dondo avant la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila.

« En tant que dirigeant de l’UFPC, j’ai d’abord soutenu la prise du pouvoir par l’AFDL de Kabila car cela mettait fin à la dictature de Mobutu mais j’ai refusé d’aller à Goma car je voulais voir si ce nouveau pouvoir était vraiment sincère. Le 17 mai 1997, j’ai pris le premier vol Sabena de Bruxelles vers Kinshasa pour m’engager dans le renouveau du pays ». Nommé membre de la Commisssion constitutionnelle congolaise par Laurent-Désiré Kabila, Nkiama Mayimbi-ma-Muanda travaillera sur l’avant-projet de Constitution congolaise, la loi sur la décentralisation et les questions d’économie et de finances du pays. Fin mars 1998, il est envoyé en « mission de clarification » avec 2 nouveaux ministres congolais en Europe afin d’informer les capitales sur la nature du nouveau régime à Kinshasa. Informé sur les « plans de guerre à l’Est du Congo« , il cherche à informer le père Kabila de l’imminence de la guerre mais ne parvient pas à se faire entendre. Le 2 août 1998, la guerre éclate dans la région des Grands Lacs, le Bruxellois Mayimbi reste à Kinshasa et constate l’intervention des troupes angolaises et namibiennes venus sauver le régime en place.

En septembre 1999,  les notables de la province du Bas-Congo lancent une pétition pour que « Papa Mayimbi » soit nommé gouverneur de la province. Kabila père refuse et nomme un autre membre de la Commission constitutionnelle à ce poste convoité. Déçu par cet échec, Papa Mayimbi quitte le Congo le 13 septembre 1999 pour « revenir dans la tannière » bruxelloise où il participe aux activités de l’opposition congolaise en exil. Président du comité pour la reconstruction du Congo, il milite activement au sein de la Coordination des associations africaines sub-sahariennes de Bruxelles (CASSAB).

 

Diversité Positive a 10 priorités pour Bruxelles

Diversité Positive a 10 priorités pour Bruxelles

« En tant que refugié politique, J’ai toujours voulu m’investir dans le changement, le développement et la démocratie dans mon pays mais en 2005 j’ai dû revoir mon analyse suite à ma naturalisation belge : j’avançais en âge, la situation au Congo reste complexe, mon énergie pour ce combat décroissait et j’ai dû me rendre à l’évidence que je vivais finalement à Bruxelles avec mes 3 enfants (ingénieur, architecte et étudiant). Je reste un homme de gauche, d’action et de lutte mais je veux m’investir pour l’avenir Bruxelles« , explique Nkiama Mayimbi-ma Muanda.

Juste après sa naturalisation, ce Molenbeekois adhère à la section PS de Saint-Josse et demande à figurer sur les listes régionales du PS en 2009. « J’ai introduit ma candidature en bonne et due forme mais, pour de mystérieuses raisons, d’autres candidats ont été repris sur la liste. Je reste membre du PS, j’ai d’ailleurs payé ma cotisation jusqu’en 2010, mais je suis candidat sur la liste DP car j’ai voulu ne pas rater l’occasion de défendre les principes de diversité durant cette campagne électorale« , conclut-il.

Le programme de Diversité Positive se décline en 10 priorités (travail, logement, pouvoir d’achat, santé et prévention, sécurité, financement et statut institutionnel de la région, jeunesse éducation et formation, environnement, vivre ensemble et solidarité intergénérationnelle, épanouissement social et culturel) où le parti réclame notamment « un financement de la Région conforme et proportionnel à son apport au PNB« , une « allocation universelle » dès la naissance, l’interdiction du cumul des mandats et des emplois publics rémunérés, la promotion du bilinguisme dans les administrations et les entreprises et la lutte contre les discriminations  à l’embauche « dans un sens plus progressiste et innovant« .

Written by Mehmet Koksal

06/06/2009 à 10:14

Publié dans Elections

2 Réponses

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  1. « Diversité positive » donc nous en déduisons qu’il y aurait, dans l’esprit du doyen, une diversité négative !? Il faudrait donc promouvoir une « diversité positive » allant « dans un sens plus progressiste et innovant ». Un charabia qui n’a ni queue ni tête, quoi !!!

    Pourquoi ne pas promouvoir tout simplement le respect des droits et des libertés !!! C’est si compliqué à dire, pourquoi faut-il être innovant par rapport à ce principe fondamental, que nous soyons d’une ville au du Congo ou de Bruxelles?!?

    Rachid Z

    06/06/2009 at 12:21

  2. La diversité n’est positive que s’il elle tisse des liens forts entre toutes les communautés. Elle est négative si chaque communauté reste cloisonnée dans son ghetto ce qui entraînent des tensions.
    Néanmoins, je préfère la visions de « probruxsel » qui voit dans chaque individu un citoyen bruxellois et non un belge de souche ou une personne d’origine étrangère.
    Rss le bol du communautarisme

    salman

    07/06/2009 at 10:32


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