Parlemento.com

L'agence de presse des minorités

Vers la fin de la question kurde ?

with 2 comments

Derwish Ferho est Président de l'Institut kurde à Bruxelles

Derwish Ferho est Président de l'Institut kurde à Bruxelles

« Je n’y crois pas vraiment mais qui sait peut-être qu’on pourra bientôt enfin aller ensemble passer un peu de temps à Diyarbakir« , commente Derwish Ferho. Le Président de l’Institut kurde de Bruxelles n’est pas le seul Kurde bruxellois a espéré une issue positive du programme « d’ouverture démocratique » engagé par l’actuel gouvernement turc visant à trouver une solution définitive à la question kurde en Turquie.

L’actuel gouvernement AKP (Parti de la Justice et du Développement, parti musulman conservateur turc) est notamment mis sous pression par l’Union européenne et les Etats-Unis afin de résoudre les 25 années de conflit armé qui oppose l’armée turque aux combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (organisation paramilitaire armée d’obédience marxiste-léniniste et considéré comme terroriste notamment par l’Europe et les Etats-Unis).  Alors que l’Union européenne ne désire pas importé un conflit armé en son sein en poursuivant le processus d’adhésion de ce pays candidat, l’administration américaine de Barack Obama cherche essentiellement à conforter la puissance d’un précieux allié régional qui met à disposition d’importantes bases aériennes au service des militaires américains engagés sur plusieurs fronts contre des combattants fondamentalistes musulmans.

« Le plus ridicule dans tout ce cirque c’est l’attitude de la classe politique turque : les médias et les politiciens turcs ont tout fait pour criminaliser Ahmet Türk, le dirigeant du DTP [Parti de la société démocratique, parti pro-kurde], jusqu’à ce que Barack Obama décide de le rencontrer lors de son passage en Turquie. Du coup, le Premier ministre Erdogan s’est senti obligé de dialoguer avec le représentant du seul parti kurde représenté au Parlement turc mais en précisant qu’il agissait en tant que Président de l’AKP et non comme Premier ministre. Tous ces détails me font dire que les dirigeants turcs ne sont pas sincères pour finaliser l’ouverture démocratique pour les Kurdes. J’ai plutôt l’impression qu’Ankara constate l’échec de la solution militaire après plus de 25 années de combat armé dans les montagnes du Kurdistan et que des stratégies économiques et énergétiques sont en train de se mettre en place pour aboutir à une paix« , affirme Derwish Ferho.

La Turquie a signé le 13/07/09 un nouveau projet de gazoduc baptisé « Nabucco » de près de 8 milliards d’euros et une capacité de 31 milliards de mètre cube de gaz visant à permettre, dès 2014, de diversifier les sources d’approvisionnement énergétique de l’Europe pour contrer la domination russe. Ankara vient également de confirmer la poursuite du projet GAP (construction des barages pour générer de l’énergie au détriment des pays voisins en amont des cours d’eaux) ainsi que la création des premières centrales nucléaires sur son territoire.

« La paix apportera en effet la sécurité pour les gros investissements mais l’armée turque exprime régulièrement son malaise à propos des réserves pétrolières de Kerkuk et Mossoul en Irak car elle a peur que les Kurdes d’Irak puissent se développer et devenir plus riches que les Turcs grâce au pétrole. En réalité, les deux peuples pourraient collaborer ensemble pour réaliser un grand développement régional mais pour cela il est nécessaire que la Turquie s’engage dans des vrais réformes démocratiques. Je vois 3 conditions pour une paix immédiate : la reconnaissance pleine et entière de l’identité kurde, les Kurdes ne sont pas des Turcs, ils sont Kurdes avec leur langue et leur culture mais il est possible de vivre dans un seul Etat avec plusieurs nationalités ; une forte décentralisation régionale comme en Belgique, les décisions ne doivent pas systématiquement venir d’Ankara pour un projet à Diyarbakir, Agri ou Hakkari et enfin le droit d’avoir une éducation en langue maternelle kurde. L’important n’est pas d’évoquer une structure fédérale ou confédérale, l’important est de pouvoir garantir une égalité des droits sur le plan juridique et pratique pour tout le monde« , conclut le Président de l’Institut kurde de Bruxelles.

(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)

Publicités

Written by Mehmet Koksal

30/09/2009 à 2:33

Publié dans Langues, Religions

2 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Je suis parfaitement d’accord avec ce passage des commentaires de Derwish Ferho :

    « Je vois 3 conditions pour une paix immédiate : la reconnaissance pleine et entière de l’identité kurde, les Kurdes ne sont pas des Turcs, ils sont Kurdes avec leur langue et leur culture mais il est possible de vivre dans un seul Etat avec plusieurs nationalités ; une forte décentralisation régionale comme en Belgique, les décisions ne doivent pas systématiquement venir d’Ankara pour un projet à Diyarbakir, Agri ou Hakkari et enfin le droit d’avoir une éducation en langue maternelle kurde. L’important n’est pas d’évoquer une structure fédérale ou confédérale, l’important est de pouvoir garantir une égalité des droits sur le plan juridique et pratique pour tout le monde“, conclut le Président de l’Institut kurde de Bruxelles. »

    En revanche, je diverge fondamentalement sur la question des intentions des cadres du parti actuellement au pouvoir. Faire passer toutes ses prises de position, sur cette question délicate comme sur d’autres questions délicates d’ailleurs, pour le résultat de pressions extérieures (principalement des Etats-Unis), c’est un reproche ou une accusation largement utilisé(e) par les milieux ultranationalistes en Turquie ou dans la diaspora. Rendons plutôt à César ce qui appartient à César, pour une fois.

  2. je suis d accord qu il faut trouvé une solution a ce probleme kurde
    mais est ce l etat turc le seul responsable
    est ce que ceux qui ont posé des bombe dans les ville tué des enfant de femme
    ils ont cause la mort de 35000 vies
    est ce que la paix passe par des attentat commis par les kurde
    alors ça veux dire al quaida ou bien les autre terroriste sur terre ont un combat légitime.
    l institut kurde de Belgique dira qu il est contre la violence mais ne la condamne pas
    on voit bien en belgique que le confederalisme mene a la separation
    est ce que en corse les cours sont ils donner en corse ou en francais
    est ce que en sicile les court sont donner en sicilient…etc NON
    pourquoi la turquie le ferait il
    le kurde n est pas interdit dans la vie de tous les jour
    vivement un jour ou nous pourront vivre en paix dans le monde
    courage a haitiens ; soudanais ; rouwandais ; ivoiriens ; indien d amerique ; indigene en australie ; au tibetains ; au georgioens ; au tchetchene ; au congolais ; au ethiopiens ;au afgants ; au irakien ; au pakistanais ; a ceux du darfour ; aux palestiniens ; aux ivoiriens ;
    comparer a toute ces populations et ceux que j ai oubliez les kurdes de turquie sont au PARADIS
    merci
    vive la paix en vert et contre tous ils le merite

    dereli

    14/12/2010 at 8:43


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :