Parlemento.com

L'agence de presse des minorités

Au MRAX, un Mouvement contre Radouane, l’Autoritarisme et la Xénophobie lucrative

with 22 comments

Vendredi (23/10/09) à 11h00, 13 travailleurs (sur 14) ainsi que le directeur du MRAX (Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie) ont soutenu un « arrêt de travail de 50 minutes » organisé en front commun syndical (CNE/SETCa) visant à protester contre 8 types de dysfonctionnements (« non respect des sans-papiers ; harcèlement moral généralisé ; ingérence ; népotisme ; climat interne désastreux ; démissions et licenciements en cascade ; hyperpersonnalisation de la communication ; gestion approximative et risque financier majeur« ) que l’équipe des travailleurs ainsi que le directeur en cours de préavis (Didier de Laveleye) imputent à Radouane Bouhlal, le Président du MRAX depuis 2004. Dans leur communiqué de presse, les travailleurs du MRAX demandent une transparence sur la gestion financière de l’association, le respect du règlement d’ordre intérieur et un retour aux valeurs fondamentales ayant assuré la légitimité et la notoriété de l’institution antiraciste.
Didier de Laveleye, directeur du MRAX en cours de préavis

Didier de Laveleye, directeur du MRAX en cours de préavis, tire la sonnette d'alarme financière

Au-delà des projecteurs médiatiques braqués sur la personnalité controversée du Président Radouane Bouhlal, le risque financier qui pèse sur le MRAX semble bien réel. Sur le plan budgétaire, le MRAX jouit d’un agrément de la Communauté française en tant qu’organisation d’éducation permanente sur base d’un certain volume d’activités qui donne droit à de l’argent et de l’emploi. Ce contrat signé avec la Communauté française prévoit que le MRAX fasse 960 heures de formation en éducation permanente en échange d’une subvention de 274.000 euros par an sur 5 ans (soit 1.380.000 euros au total). « Le problème, c’est que le MRAX est actuellement à moins de 200 heures de formation en éducation permanente pour cette année, ce qui fait qu’il est matériellement impossible de remplir le contrat puisque la deadline est fixée au 31 décembre prochain. De plus, le Conseil d’administration a pris certaines décisions absurdes comme supprimer le projet Démocratie et Courage en le remplaçant par… rien. L’association court donc tout droit à la catastrophe. Il faudra probablement rembourser la Communauté française mais, plus grave, le MRAX risque même de perdre l’agrément pour les années suivantes« , commente Didier de Laveleye, directeur en cours de licenciement du MRAX et présent en soutien lors de la manifestation des travailleurs. L’association antiraciste bénéficie également d’un contrat de 20.000 euros auprès du FIPI (Fonds d’impulsion à la politique des immigrés) pour un projet sur la discrimination croisée et enfin 25.000 euros pour le volet cohésion sociale. En terme de volume d’emplois, les pouvoirs publics financent par ailleurs une dizaine de contrats ACS (agents contractuels subventionnés), 2 contrats Maribel et 3 employés en éducation permanente.

Le directeur en conflit avec sa hiérarchie n’est pas tendre avec le Président du MRAX. Il parle d’un « mode de gestion tyrannique qui ne respecte ni les statuts, ni la loi » et explique qu’il soutient « l’action des travailleurs, je suis moi-même victime de cela et j’ai d’ailleurs déposé plainte pour harcèlement moral, j’ai ensuite été immédiatement licencié de mon poste de directeur, je preste actuellement mon préavis et je ne suis pas le seul dans ce cas puisque d’autres personnes ont également déposé plainte pour harcèlement moral ou ont décidé de quitter le MRAX car il règne ici une logique de la tyrannie et une absence totale de dialogue ». Didier de Laveleye pointe du doigt « la personnalité du Président qui fait que le MRAX s’est peu à peu coupé des autres composantes progressistes de la société et nous sommes de plus en plus isolés dans le combat antiraciste, ce qui pose évidemment un problème aux travailleurs qui sont surtout là pour construire et travailler car ils éprouvent de plus en plus de mal à réaliser cet objectif. A chaque fois qu’un problème se pose, Radouane Bouhlal tente de l’étouffer et de l’écraser et après quelques temps les choses explosent. Les travailleurs sont venus me signaler que le Président avait décidé d’imposer une nouvelle règle pour les sans-papiers qui viennent demander une aide juridique dans le cadre de la procédure de régularisation. Il exige effectivement que les sans-papiers payent une cotisation et deviennent membres avant de pouvoir bénéficier de l’aide juridique. Je pense que cette nouvelle règle imposée par Radouane Bouhlal a été la goutte qui a fait vomir tout le monde. Je suis personnellement extrêmement choqué par cette décision. Sur le terrain, on constate que de plus en plus de personnes et d’associations sont frileuses et ne veulent plus travailler avec nous. J’espère que cette action syndicale poussera tous les acteurs progressistes qui ont fui le MRAX de revenir pour sauver cette association en pleine dérive car l’antiracisme a besoin d’eux pour mener les combats importants de demain ».

Un avis qui n’est pas partagé par Ibrahim Akrouh, juriste au MRAX depuis une semaine qui précise qu’il n’a pas encore signé son contrat de travail.  « Il y avait eu une assemblée générale des travailleurs de laquelle certains d’entre nous ont été écartés alors que nous avions peut-être un regard frais sur la situation qui aurait pu influencer les prises de position. D’autre part, on a le sentiment que sous couvert de problèmes liés au droit du travail, certains tentent d’inverser les rôles afin de faire en sorte que ce soient les travailleurs qui décident de la ligne politique de l’association et pas le Conseil d’administration ou l’Assemblée générale. C’est pourquoi un bon quart des travailleurs, soit 3 personnes, ne soutiennent pas l’action syndicale d’aujourd’hui. L’ensemble des accusations à l’encontre du Président reste largement à vérifier et qui, à mon sens, ne justifie une telle mobilisation« , précise l’ex-membre du Cercle des étudiants arabo-européens et ex-membre du Conseil d’administration de l’ULB.
Radouane Bouhlal, Président du MRAX, durement attaqué par ses travailleurs

Radouane Bouhlal, Président du MRAX, durement attaqué par son personnel pour sa gestion

Trésorière du MRAX, Elisabeth Cohen partage son avis et ajoute qu’il n’y a « pas de pression sur les travailleurs » mais bien « un manque de coordination et de responsabilité de la part du directeur qui n’a jamais fait le lien entre le CA et son équipe, il a maintes fois montré qu’il était incompétent tant pour la gestion que pour la motivation de l’équipe. On a dû le licencier pour ces raisons mais aussi parce qu’il a un moment agressé un travailleur, enfin il a menacé un travailleur en tout cas, ce sont des choses qui sont inacceptables pour un Conseil d’administration qui se respecte et comme il est sans arrêt en congé maladie, on a dû se substituer à lui pour faire son travail. Je voudrais rappeler que le Président Radouane Bouhlal a été élu par le CA pour s’occuper de la communication externe et en plus il le fait très bien. On discute avant qu’il passe dans les médias donc le message qu’il transmet est un message collectif qui vient du CA et en partie de l’équipe aussi. Pour moi, le problème vient du fait que le directeur tente de se venger comme il peut puisqu’il a été licencié. Il voudrait ne pas prester son préavis tout en gardant son salaire malheureusement nous ne pouvons pas jouer avec les fonds publics, nous ne pouvons pas lui payer 9 mois d’un coup et donc il monte le personnel contre nous en cachant ses incompétences à lui« .

Dans un communiqué de presse datant du vendredi (23/10/09) et signés par Radouane Bouhlal, Elisabeth Cohen et Hamel Puissant, le MRAX explique que « le CA a décidé le licenciement du Directeur Didier de LAVELEYE en juin dernier, à cause de sa (très!) mauvaise gestion administrative, financière et des ressources humaines. Le monde associatif étant généralement sous-financé, le MRAX ne peut, ni ne veut mobiliser ses moyens financiers pour lui payer des indemnités lui dispensant de prester son préavis de neuf mois. Après une longue absence, il est revenu il ya quelques jours, juste le temps de semer la discorde montant une partie des travailleurs contre une autre, et contre leur employeur (le Conseil d’administration)« . Les dirigeants estiment que les « tentatives de restructuration buttent sur un noyau parmi les travailleurs, qui pollue l’ambiance quotidienne au MRAX et qui a décidé de ne plus respecter ni les orientations de l’Assemblée générale, ni les décisions du Conseil d’administration, ni les procédures internes pour exprimer leurs griefs (préférant le tapage vers l’extérieur) : ils ne comprennent pas qu’ils sont au service du Mouvement, et pas l’inverse !« 
En réponse à ces critiques, Didier de Laveleye, précise que « jusque l’année dernière, le MRAX avait seulement 64.000 euros en éducation permanente de la Communauté française, grâce à l’équipe et moi-même nous avons réussi à faire exploser ce budget en le quadruplant [274.000 euros] pour les 5 prochaines années. Je pense que je ne dois pas être un si mauvais gestionnaire que cela.Les décideurs politiques se sont basés sur l’année 2006 pour accorder ces fonds, une époque où j’avais de bonnes relations et lorsque des gens comme Thérèse Mangot et d’autres siégeaient encore au Conseil d’administration, Radouane était à l’époque tenu par des gens qui savaient le tenir. A l’époque il n’y avait pratiquement pas de notes de frais des administrateurs alors qu’aujourd’hui Elisabeth et Radouane se font pratiquement 200 euros en moyenne par mois en note de frais (taxis, ordinateurs,…) ce qui fait quand même 5.000 euros par an pour les deux. Avant, il n’y avait pas ce genre de choses. Qu’est-ce qui a changé dans la gestion ? Je n’en sais rien…« 
Heurté par ses accusations envers le directeur licencié, l’ex-administrateur du MRAX, Michel Staszewski sort également de sa réserve dans un récent communiqué de presse (25/10/09) en expliquant que  « le motif principal de ma démission a été le refus de cautionner une décision anti-statutaire votée par la majorité des membres du Conseil d’administration le 22 avril dernier : celle d’interdire au directeur de prendre part aux réunions du Conseil d’administration (contraire à l’article 18 de nos statuts). Cette décision contraire à nos statuts pose clairement la question de la légitimité même de ce C.A. comme direction collective du MRAX. Je considère qu’accuser publiquement Didier de Laveleye de « (très) mauvaise gestion administrative, financière et des ressources humaines » relève de la calomnie« . Michel Staszewski confirme également que « des travailleurs ont été régulièrement victimes de pressions, d’intimidations et de menaces de licenciement de la part de membres du bureau du MRAX ;  depuis des mois, les membres du bureau dénigrent le directeur et le privent de ses prérogatives ;  la communication externe est devenue depuis longtemps la « chasse gardée » du président alors que, selon notre règlement d’ordre intérieur (article 1.7), elle est de la responsabilité du président ET du directeur ; ce qui ne signifie pas, notons-le, qu’ils doivent être les seuls membres du mouvement à communiquer publiquement en son nom. Ces éléments suffisent à justifier l’action courageuse que mènent actuellement la grande majorité des membres du personnel« .
Enervé par l’action syndicale de vendredi dernier (23/10/09), un homme s’identifiant comme « Mohsen » et habitant le quartier a interpellé les grévistes pendant la manifestation devant les locaux du mouvement antiraciste en ciblant ses attaques verbales contre un travailleur noir du MRAX. « D’où tu sors toi ? Tu as tes papiers ? Vas te faire foutre avec tes grèves ! Enculé ta mère, espèce de négro de merde ! Tu étais où espèce d’imbécile ?  C’est quoi ces masques ? C’est quoi ce cinéma ? Tu étais où fils de pute ! Mais rentrez chez vous, allez travailler au MRAX ! Bande d’enculés, bande de clochards !« . L’homme sera rapidement éloigné sans incident majeur.
Najwa Saoudi (à dr.), employée au MRAX, dénonce le manque de concertation avec les travailleurs

Najwa Saoudi (à dr.), employée au MRAX, dénonce le manque de concertation avec les travailleurs

« Aujourd’hui, on fait un arrêt de travail de 50 minutes, c’est juste un départ qui concerne 13 travailleurs sur 15 mais parmi les nouveaux deux travailleurs qui ne participent pas à l’action l’un n’a pas encore signé son contrat et l’autre a également commencé à travailler cette semaine. Ce sont donc les nouveaux qui débarquent seulement qui ne participent pas à l’action syndicale et c’est mieux ainsi parce que nous dénonçons des choses qui datent d’avant leur arrivée dans l’association« , rappelle Najwa Saoudi, employée au MRAX. « Aujourd’hui au MRAX, on sent un dysfonctionnement interne qui a trop longtemps duré car le règlement d’ordre intérieur n’est plus respecté, il n’y a plus de séparation des pouvoirs depuis que le bureau gère les affaires quotidiennes à la place du directeur ce qui occasionne des problèmes. Nous dénonçons également un climat interne désastreux, lorsque nous envoyons un courrier syndical, nous ne recevons jamais de réponse pas même par un accusé de réception. Il existe une gestion autoritaire au MRAX car nous recevons des injections venant directement de Radouane de manière assez autoritaire qui sont généralement accompagnées par des menaces de licenciement. Radouane nous a déjà dit, par exemple, qu’il allait procéder en 2009 et 2010 à une série de licenciements et qu’on devait donc tout faire pour être parmi les bons. Il nous explique aussi qu’il faudra s’habituer à un certain changement. Les travailleurs qui osent s’opposer à sa vision des choses sont dénigrés et dévalorisés publiquement. Concernant l’accusation de népotisme, nous avons remarqué qu’un juriste [Ibrahim Akhrou] avait récemment été engagé au MRAX sans passer par une procédure de recrutement normale. Tous les juristes engagés au MRAX ont passé un test écrit et oral, assez vache d’ailleurs, et la procédure classique prévoit qu’un permanent soit toujours associé au recrutement mais ce nouveau juriste, qu’on nous décrit comme étant un proche de Radouane, débarque comme ça au MRAX sans passer par cette procédure. Cette personne qui débarque à peine se permet de donner des interviews aux journalistes alors qu’il n’a aucune légitimité, aucune expérience et qu’il n’a même pas signé son contrat de travail. »

Mehdi Belada, autre juriste au MRAX, se contente de rappeler que l’action syndicale « n’est pas une action contre la ligne politique du MRAX mais contre les dysfonctionnements constatés. Je suis totalement solidaire des travailleurs et nous agissons de manière collective. Il y a vraiment des détresses qui existent au sein du personnel, une travailleuse a même été hospitalisée suite aux cas de harcèlement moral. Il suffit de regarder les chiffres des absences pour maladies pour se rendre compte de la situation catastrophique des travailleurs au MRAX. C’est une démarche collective qui tente de donner un message au Président. J’espère que Radouane Bouhlal l’entendra car il donne l’impression d’avoir tous les pouvoirs et il a souvent du mal à se contenir. Attention, je suis aussi solidaire de ses prises de position, je pense qu’il communique souvent très bien mais il en fait peut-être trop en dépassant ses compétences.« 
« La communication externe du MRAX se résume actuellement à la vision personnelle de Radouane Bouhlal, il s’agit d’une hyper-personnalisation mais nous ne voulons absolument pas parler aujourd’hui de la ligne politique de l’association car notre problème se concentre sur la manière dont le MRAX est géré et financé« , reprend Najwa Saoudi. « Le règlement d’ordre intérieur prévoit que la communication externe soit du ressort du Président et du directeur mais Radouane ne l’entend pas ainsi et il a écarté Didier de cette fonction. Pourquoi ? Je n’en sais rien : Radouane a-t-il une soif du pouvoir, une volonté à tout prix d’être sur l’espace public ou une volonté d’avoir une reconnaissance et de qui ? Ce qui nous ennuie, c’est l’impact que cela a sur le MRAX car nous ne représentons plus cette pluralité. Actuellement, il y a 3 plaintes [Luc Malghem, Didier de Laveye et une permanente Aïcha en charge du projet « discrimination croisée »] pour harcèlement moral qui ont été déposées contre Radouane Bouhlal. Une nouvelle injonction de Radouane qui date d’une dizaine de jour et qui a été validée par le CA prévoit qu‘insister fortement auprès des sans-papiers pour leur demander une participation financière en leur demandant de devenir membre et de payer ainsi la cotisation du MRAX [20 euros/an], la logique voulue est d’obliger les personnes qui désirent faire appel aux services de l’association à se faire membres. On parle de personnes qui, pour la plupart, viennent au MRAX parce qu’ils ont confiance en nous et parce qu’ils n’ont pas forcément les moyens. Ce qui nous a le plus dégoûté c’est la manière dont il a amené cette nouvelle injection en dénigrant ces personnes sans-papiers. Radouane nous a expliqué que les sans-papiers étaient bien capables de payer 14.000 euros pour organiser un mariage blanc ou 400 euros pour se payer un avocat, pourquoi est-ce qu’ils ne nous donneraient pas un peu d’argent à nous aussi ? Ces phrases-là ont été répétées au sein du Conseil d’administration et celui-ci a donné son accord. On peut évidemment discuter de la manière dont on peut inciter ces personnes à s’investir dans nos combats ou mener une réflexion collective à ce sujet mais le but du Président n’est pas celui-là, il préfère parler d’argent ou des sans-papiers qui sont capables de payer 14.000 euros pour faire un mariage blanc.  Il existe aujourd’hui au MRAX une gestion catastrophique qui ne respecte plus rien, ni le règlement d’ordre intérieur, ni les travailleurs. Cela ne peut pas continuer comme ça, il faudra trouver une solution pour tous. Nous lançons également un appel aux membres (y compris aux anciens administrateurs) qui ont quitté le MRAX soit par découragement, soit par dégoût pour qu’ils reviennent réinvestir l’espace de l’assemblée générale et pour qu’ils viennent dire non à tous ces dysfonctionnements« .
Félix Nicolai, employé au MRAX, estime lui aussi que « la situation s’aggrave de jour en jour car il existe un climat de dénigrement contre les travailleurs, on nous laisse entendre la menace d’un licenciement parce que, de toute façon, il s’agit de gens qui ne travaillent pas, qui ne saisissent pas la merveilleuse opportunité de travailler dans une telle institution. Des lettres ont été envoyées à maintes reprises au nom de la délégation syndicale à l’attention du CA mais tout cela est toujours resté sans réponse. Concernant les sans-papiers, nous avons reçu une nouvelle injonction du Président, avec l’aval du CA, accompagnée de déclarations honteuses qualifiant les sans-papiers comme des gens qui font de toute façon des mariages blancs en payant 14.000 euros et qu’ils peuvent donc également un peu aider le MRAX. Cela ne va absolument pas parce que nous sommes une association subventionnée par les pouvoirs publics pour justement aider les populations les plus démunies de la société. On nous accuse en disant que l’équipe veut diriger le MRAX à la place du CA, ce n’est pas du tout vrai car nous voulons simplement que les procédures soient respectées et qu’il existe une concertation avec l’équipe pour mieux gérer l’association. Actuellement, on nous utilise comme des simples exécutants et on nous refuse même le droit d’être membre du MRAX. Si j’étais dans une boîte privée, j’aurais le droit d’acheter des actions et de voter lors des AG mais ici on considère que les permanents ne peuvent pas devenir membres effectifs du MRAX. Les travailleurs du MRAX ne sont pas là pour le fric, ils travaillent au MRAX parce qu’ils croient à un combat. Certaines personnes qui étaient membres et qui voulaient devenir des membres effectifs, avec droit de vote, ont été rejetés par le CA actuel sous l’impulsion du Président. Donc, aujourd’hui, on crie au secours !« 
(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)

Written by Mehmet Koksal

26/10/2009 à 2:18

Publié dans Autres

22 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. C’est vrai qu’après 4 démissions successives et 3 personnes du CA (ce qu’il en reste) qui ne sont pas d’accord avec M. Bouhlal… Il n’en sort que renforcé !

    Bouhlal pense vraiment sauver le mouvement grâce à son népotisme ?! En effet, le juriste Akrouh est un ami très proche (et donc larbin de Bouhlal).

    Le Mrax n’est plus ce qu’il était autrefois…

    A bas le MRAX !

    Benyamin

    26/10/2009 at 8:37

  2. Excellent article! Enfin quelqu’un qui ne se contente pas de copier des communiqués de presse qui s’annulent! Merci.

    Deux précisions, facilement vérifiables:

    1) contrairement à ce que raconte la trésorière, Elisabeth Cohen, le directeur n’a pas voulu garder son salaire tout en ne prestant pas le préavis. Il a d’abord été INTERDIT de bureau et condamné à travailler chez lui le temps du préavis, avant que le CA s’aperçoive que le statut de son contrat de travail, un ACS, interdisait le travail à domicile, et donc aurait impliqué le remboursement de neuf mois de salaire à l’état. La manoeuvre était simple: l’Etat continuait de payer un directeur rendu incapable de travailler pendant neuf mois, période durant laquelle Radouane Bouhlal se substituait à lui et pouvait tranquillement diriger directement les employés, annoncer des licenciements et caser ses amis, ce qui est très peu statutaire.

    2) une analyse de texte rudimentaire devrait pouvoir montrer sans doute possible que le communiqué des (deux) employés qui disent ne pas être d’accord avec les grévistes, et le communiqué de Radouane Bouhlal, Hamel Puissant et Elisabeth Cohen ont été écrits par une seule et même personne. Devinez qui.

    Blug

    26/10/2009 at 1:41

  3. Réponse à la question 2 (question indirecte) : le Grand Marabout et Leader du mouvement gay arabe : Bouhlal !

    Benyamin

    26/10/2009 at 2:20

  4. Merci Mehmet pour ces précisions.

    Ce qu’il faut observer avant tout, c’est l’absence de questions concernant la nature du combat qu’est censée mener le MRAX et les autres assocs du même genre !

    Redéfinir le racisme : qu’est-ce que le racisme, aujourd’hui en Belgique et ailleurs et ce, afin de mieux s’armer et lutter contre ce qui génère ce phénomène complexe. Le racime ne se limite pas à s’élever contre les discours de ces organisations politiques que sont le Vlaams Belang et le FN autour desquelles existe, déjà, un cordon dit sanitaire !

    C’est avant tout autour du racisme qu’il conviendrait d’établir un tel cordon ! Nul ne peut ignorer que nous vivons une période de crise de l’antiracisme au point où, en silence, nous observons d’étranges attitudes préconisées par ces officines autoproclamées antiracistes, qui consistent à privilégier et à s’employer, à coup de subsides bien évidemment, à combattre une forme de racisme plutôt qu’une autre, ce qui manifestement produit et entretient les ambiances racistes qui polluent l’existence de toutes et tous, peu importe les différences, en société !

    Rachid Z

    26/10/2009 at 3:08

  5. Un très bon article MEHMET, c’est effarant
    Bien dit aussi Rachid

    salman

    26/10/2009 at 5:48

  6. Mais ils s’attendaient à quoi le CA du MRAX en obligeant le direteur licencié à prester son préavis de 9 mois? A ce qu’il leur dise merci? Evidemment qu’il allait f….. le bourzouf! En plus, c’est une décision à tout le moins paradoxale: je vous licencie parce que vous êtes complètement nul et un très mauvais gestionnaire, m’enfin si vous pouviez quand même rester encore 9 mois, ça nous arrangerait bien. C’est du grand n’importe quoi!

    Olivier

    26/10/2009 at 9:09

  7. @ Olivier : c’est pourtant simple. Ils n’avaient pas le choix puisque les caisses sont vides. Faire prester le préavis à domicile permettait de ne pas payer les 9 mois de préavis sur fond propre, tout en se passant de directeur, ce qui permet en plus à Bouhlal de faire n’importe quoi avec sa chose, au nom des « affaires courantes ». Quand ils se sont aperçus que l’ONEM interdisait le boulot à domicile, et donc qu’il leur faudrait cracher 9 mois de salaire, plus sans doute un gros paquet de mois supplémentaires pour licenciement abusif (ce à quoi ils ne couperont pas), ils ont rapatrié dare dare le directeur. Vu la situation financière virtuellement catastrophique du bidule, cette seule solution était possible. Et la situation financière ne risque pas de s’améliorer, parce que ce genre de saloperie, étayée par autant de témoignages convergents, ça coûte très cher au tribunal. A supposer que l’ONEM ne vienne pas en plus enquêter sur la manière dont on utilise les emplois qu’il finance… Pour dire que Bouhlal peut continuer de glousser sur les plateaux télé, le MRAX a toutes les chances de ne pas survivre à son passage. C’est aussi simple que ça.

    Blug

    26/10/2009 at 10:54

  8. Ca montre que pas mal d’associations vivent au-déssus de leurs moyens. Ce n’est pas sain d’engager un directeur sous contrat ACS.. Les ACS dévraient completer l’équipe pas la diriger. De l’autre coté je ne voix pas comment faire: Plus personne ne veux s’engager bénévolement, au même temps les éxigences aux services rendus montent, comment donc survire sans professionnalisation? Mais comme plus personne ne cotise plus, c’est l’argent public qui rentre et qui doit financer tout. Il faut ensuite se plier aux conditions pour cette financement…

    Si l’atmosphère au Mrax est vraiment si pollué, pourquoi pas faire comme Blug le propose: Finir avec le Mrax et commencer autre chose. Dans le milieu des affaires on n’a pas aussi peur de faire faillite…

    malte

    27/10/2009 at 8:06

  9. @Blug
    N’ayant pas tous les éléments en main, je ne me pononce pas sur le fonds (Bouhlal est-il un dictateur ou non, de Laveleye est-il un incompétent ou non) mais dire qu’ils n’avaient pas le choix, je ne suis pas d’accord (sauf si les caisses du MRAX en fonds propres sont totalement vides). Par contre dire que le licenciement non presté leur aurait couté un os et qu’ils auraient dû être créatifs pour trouver une solution pour l’indemnité de rupture de contrat, ça d’accord. Mais faire prester un préavis à quelqu’un qu’on licencie, c’est de l’anti-management.

    Olivier

    27/10/2009 at 10:21

  10. Sans entrer dans ce conflit interne, on doit faire quelques remarques :
    çà tombe mal. Au moment ou la droite dure conteste le droit d’existence du mrax, contester de l’interne donne de l’eau au moulin aux adversaires du mrax et du combat antiraciste en général.
    le fait d’exclure une partie de l’équipe des permanents de la décision et en plus d’inclure la critique de leur engagement dans le communiqué est pour le moins interpellant comme pratique.
    Le communiqué qui se veut syndical insiste lourdement sur ses divergences sur les choix politiques fait par le ca du mrax et la pesonalité de son président, ce qui déforce le caractère de défense des travailleurs de ce mouvement.
    pour terminer les reproches fait au niveau de la gestion du mrax semblent devoir s’adresser plutôt au directeur licencié qu’au ca

    Bref, ce mouvement d’humeur de la part des travailleurs doit certainement être pris en compte mais il s’agirait de prendre garde à ne pas saborder le navire en prétendant le défendre.

    alec de Vries

    30/10/2009 at 1:09

  11. Faut savoir, Alec de Vries, vous prévenez d’emblée ne pas vouloir entrer dans les détails du conflit interne (donc, pas public ?) qui affecte le fonctionnement de cette association « antiraciste », alors que s’en même en prendre conscience, peut-être,vous faites le contraire.

    Etes-vous sérieux : s’abstenir d’émettre la moindre critique sous prétexte que ça fait le jeux de vilains « racistophiles » ! Savez-vous que ce n’est pas forcément en fonction des Vlaamsbelangistes, des MRdistes ou des PSistes que le citoyen se fait une opinion. Il à tout aussi le droit de critiquer le MRAX ou l’autre Centre pour l’Égalité de je sais plus quoi, que vous nous appelez à, coûte que coûte, soutenir. Pourquoi ne parvenez-vous pas à reconnaître que le MRAX, je rappelle, publiquement subsidiés puisse être discrédité, et pas seulement pour d’ infréquentables individus issu de ces clans politiques dont vous faites allusion ?

    Rachid Z

    30/10/2009 at 1:51

  12. @ Alec de Vries

    Complètement d’accord avec Rachid Z.

    Pourriez-vous d’ailleurs nous sortir une phrase du communiqué qui « insiste lourdement sur des divergences sur les choix politiques faits par le CA »? Il me semble au contraire qu’il prend grand soin d’éviter ce type de reproche. Ce genre de désinformation n’a en général qu’un but: discréditer toute action syndicale.

    Quant à la partie de l’équipe des permanents qui aurait été exclue, puis-je vous rappeler que 1) elle s’est mise toute seule à l’écart, en signant un communiqué écrit visiblement par Bouhlal lui-même (je me demande comment ils osent encore se présenter au boulot, ces deux-là) ; et elle ne concerne que deux personnes, fraîchement recrutées par Bouhlal en dehors de toute procédure, et qui n’ont aucune légitimité à s’exprimer sur cinq ans de dysfonctionnements puisqu’elles débarquent (l’un en période d’essai, l’autre ayant travaillé 5 jours sans contrat…)

    Désolé de vous le dire mais votre intervention n’est absolument pas crédible…

    Elle est même puante.

    Blug

    30/10/2009 at 2:25

  13. Bouhlal ou pas Bouhlala, une chose est certaine, le Mrax commence à être infecté par les islamofascistes de la liste égalité qui flirte avec des condamnés pour antisémitisme, Dieudonné et pour négationnisme, Alain Soral. C’est une majorité de membres islamofascistes qui ont mis Nordine Saidi dans le bureau.

    Louis

    01/11/2009 at 9:32

  14. Contrairement à ce que vous prétendez, Louis, de plus en plus au sein de la population belge, des voix s’élèvent pour dénoncer et rejetter ces malsaines attitudes uniformistes qui s’apparentent davantage au racisme voire au fascisme. J’estime que l’imposition, arbitraire, d’un mode de vie, d’un mode vestimentaire…, imposition provenant notamment de milieux laïcisto-fascistes traduit une volonté d’assimilation forcée et malsaine. ÉGALITÉ, cette nouvelle organisation citoyenne, dénonce un tel traitement et s’engage à promouvoir le respect des droits et des libertés fondamentaux.

    Aussi, pour votre gouverne, je vous précise que les personnes dont vous faites allusion évoluaient au sein du MRAX bien avant la fondation du mouvement citoyen ÉGALITÉ.

    Nathalie

    02/11/2009 at 9:57

  15. soyons honnêtes, faire payer des cotisations à des sans papiers même les opposants à une politique ouvertes pour les sans papiers ne le feraient pas. De plus les employés du MRAX sont pour la plupart d’honnêtes travailleurs sociaux dévoués et au services des gens. Si de telles personnes sortent en rue c’est que vraiment la coupe est pleine.
    bouhlal est un communuatriste marocain, il se fout de la lutte antiraciste, il ne bouge que losqu’il s’agit d’un problème lié à sa communauté et il crie à l' »islamophobie » à tout bout de champ pour plaire aux courants de types « freres musulmans » car il sait cque ces derniers sont influents aux sein de la communauté marocaine.

    salman

    02/11/2009 at 4:09

  16. Bien évidemment, Salman, s’il est avéré exact que les pratiques adoptées par le CA du MRAX exige des « sans-papiers » une cotisation pour affiliation à l’association « antiraciste » alors j’estime qu’il doit en assumer les conséquences.

    Par ailleurs, il est évident, pour toute personne sensée, que toute hierarchisation du racisme fait le jeu du racisme.

    Rachid Z

    02/11/2009 at 4:43

  17. […] Puissant (Secrétaire). Le motif grave en question ? “Le 23 octobre 2009, tu as donné une interview à Monsieur Mehmet Koksal, journaliste du site internet […]

  18. Un mouvement « gay arabe », cela n’est-il pas franchement antinomique ? A quelles contorsions (…) doit-il s’adonner pour faire passer ça auprès de bon nombre de ses supporters ?

    Fred

    04/11/2009 at 8:54

  19. Pourquoi les « anciens » du Mrax ne se regroupent-ils pas pour exprimer les raisons de leurs départs successifs (peut-être pas toujours pour les mêmes raisons si ça se trouve) et ainsi tenir un discours unique et cohérent ? Chacun tient sa tribune dans son coin. C’est contre-productif.

    La plupart ont des blogs et ne sont pas manchots en matière de communication. Certains jouissent d’une certaine notoriété.
    Il y a mille et une manières de se faire entendre de nos jours sans devoir passer par les fourches caudines des organes de presse officiels. Ce blog en est la preuve.
    Alors pourquoi ce silence ? On est de nouveau dans une configuration « gentils progressistes » vs « méchants réacs ». Si Morelli par exemple prenait part au débat, ce serait plus délicat de dire qu’elle est de droite.

    Fred

    04/11/2009 at 9:04

  20. @ Fred: parce que la plupart se sont déjà énormément battus, en vain, pour tenter de faire respecter le droit au sein du Mrax. Voir par exemple la liste des signataires de l’appel « Sauvons le Mrax » de 2006, dont on ne peut pas dire qu’elle soit insignifiante. La plupart ont tourné la page depuis, et acté le fait que le Mrax était devenu de facto la propriété de Bouhlal, qui a rempli l’Ag de ses petits camarades et viré du registre les anciens membres qui dérangeaient. Contre un type qui se comporte en despote, ment comme il respire, abuse de son pouvoir et contrôle strictement l’information, il est impossible de se battre en respectant les règles démocratiques. A fortiori dans un monde ou les journalistes ne font pas leur boulot, et pratiquent l’équidistance molle en recopiant des communiqués qui s’annulent – ici je ne parle pas de Mehmet Koksal. La solution, je crois, passera par le tribunal et elle va être salée…

    Blug

    04/11/2009 at 9:23

  21. @ Fred. Le lien vers l’appel en question: http://sauvonslemrax.blogspot.com/2006/02/appel-sauvons-le-mrax.html

    Blug

    04/11/2009 at 9:24

  22. J’ai une question, peut être un peux naive. Qu’est ce qui, en pratique, a empéché le MRAX d’effectuer les 900 heures d’éducation permanente afférentes aux subsides de la Communauté française ?

    pol

    03/12/2009 at 12:37


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :