Parlemento.com

L'agence de presse des minorités

"Cela fait combien de temps que vous n'avez plus parlé à un Belge ?"

with 24 comments

Ahmed Medhoune (à g.) est échevin PS à Saint-Josse (Bruxelles)

« Je vis la scène suivante très fréquemment tous les mardis soirs : deux hommes entrent dans ma permanence sociale pour demander un service et m’adressent la parole en marocain sachant qu’il y a à mes côtés des fonctionnaires qui ne parlent pas cette langue. J’arrête la conversation mais je m’interroge aussi sur le pourquoi de cette interpellation en marocain. Je me suis rendu compte que beaucoup n’avait plus parlé à un Belge depuis bien longtemps. Je leur demande : cela fait combien de temps que vous ne parlez plus à un Belge ? Un an, deux ans et parfois avec des civilités limitées. Dans cette situation, la pratique de la langue est quasiment inexistante. Pourtant, je suis convaincu qu’il n’y a pas d’intégration sans le fait d’habiter une langue, c’est ma profonde conviction« , a déclaré Ahmed Medhoune, échevin PS à Saint-Josse, lors d’un colloque de deux jours sur l’immigration turque, co-organisés par les Allemands de la Robert Bosch Stiftung et les Belges de la Fondation Roi Baudouin, pour les élus et responsables au niveau communal en France, Allemagne et Belgique qui s’est tenu à Berlin le 2 et 3 décembre 2009.

Se décrivant comme « un artisan intellectuel à la retraite » qui est passé « de l’autre côté du miroir pour vivre le monde politique » en devenant échevin à Saint-Josse, au coeur de Bruxelles, « une commune d’un kilomètre carré avec la plus grande concentration d’habitants de Belgique, la même concentration que Calcutta, le plus fort taux de chômage de Belgique, le plus fort taux de chômage de femmes, etc.« 
Intervenant sur le thème de l’inclusion politique comme facteur d’intégration des personnes issues de l’immigration, Ahmed Medhoune déclare : « Je ne suis pas Turc. Je suis biologiquement marocain, mes structures mentales sont ‘made in Belgium‘ et ma maman m’a éduqué avec un biberon sur lequel il était marqué ‘mythe du retour‘ ».
Selon l’échevin socialiste, Bruxelles « représente un laboratoire intéressant parce qu’on essaye de gérer le vivre ensemble sur deux jambes : une jambe communautariste et une autre jambe universaliste. Mais la signification du mot communautarisme n’a certainement pas la même valeur qu’en France car historiquement la Belgique est une société où la laïcité est incomplète car partielle puisque dans l’espace public, il y a des groupes qui représentent des intérêts linguistiques ou religieux. Turcs et Marocains sont, dans ce contexte, dans des géographies différentes parce qu’en Belgique les Turcs sont principalement présents dans le Nord, les Marocains sont principalement présents à Bruxelles et les Italiens plutôt dans le Sud du pays. La diaspora turque a au moins un avantage par rapport aux Marocains : avoir trouvé une unité dans un pays divisé et principalement une unité linguistique car, à la différence des associations marocaines, les échanges entre le Nord et le Sud sont nombreux entre les Turcs, ce n’est pas le cas pour les Marocains car la pratique de l’arabe dialectal marocain s’effrite ».

« Ma génération est marquée par quelques traumatismes comme le traumatisme du retour forcé : dans les années 80, les campagnes électorales des partis politiques de centre, de droite ou d’extrême droite envisageaint de renvoyer nos parents dans le pays d’origine. Cette insécurité juridique a amené beaucoup à entrer dans la sphère politique. Cette quête de sécurité juridique est très importante car elle est devenue un moteur à l’inclusion politique favorisée par la naturalisation et le droit de vote. On l’oublie peut-être mais beaucoup se sont battus pour cela. Moi, par exemple, lorsque je suis devenu belge au début des années 80, j’avais la petite nationalité sans les droits politiques, cela prenait 4 ans pour devenir Belge et 7 ans pour devenir un citoyen politique jouissant du droit de vote. Cette inclusion politique est plus rapide que celle des femmes. La naturalisation en Belgique qui est l’une des plus souples au monde, il faut le dire, et l’assouplissement du droit de vote qui doit beaucoup à l’intégration européenne ont progressivement créé un électorat issu de l’immigration. Progressivement, ce que l’on pensait être de la science-fiction dans les années 80, c’est-à-dire des hommes et des femmes issus de l’immigration siégeant dans les assemblées ou les exécutifs, s’est réalisé. Il nous faudra du temps pour apprécier les avantages et les inconvénients de cette inclusion politique. Je pense que les formes du racisme se sont euphémisées, un peu comme le sexisme devenu plus sournois ».

« En Belgique, la venue de cette immigration au droit de vote paralyse un certain nombre de débats politiques. Par ailleurs, pour les élus certaines questions se posent. Par exemple, pour les élus turcs et les élus marocains, il continue à planer sur eux un certain nombre de suspicion notamment autour des questions allégeances ou de hiérarchie d’allégeance. Peut-on vivre avec une double allégeance ? Des questions existent aussi autour des problèmes dans leur pays d’origine. De la part de leur électorat, il y a aussi le piège classique de l’assignation à résidence communautaire ou lorsqu’on fait preuve de préférence. Le fait d’avoir des élus issus de l’immigration est bon pour la santé mentale et l’estime de soi des groupes concernés. Mais il y a aussi des limites car lors de mes permanences sociales dans 8 cas sur 10 ce sont des visiteurs marocains qui viennent me voir alors que ma commune compte également une grande communauté turque. Cela me laisse perplexe sur l’idée d’être l’élu de tous« , conclut le mandataire socialiste.

L’objectif général de ces journées d’étude était d’expliquer les « spécificités d’un processus d’intégration » en décortiquant les politiques adoptées par les pouvoirs publics, les stratégies d’intégration des migrants d’origine turque, les réussites et les échecs des différents acteurs liés à ce processus.  Le tableau des indicateurs d’intégration étant particulièrement noir pour les Turcs vivant dans ces trois pays, les intervenants ont tenté de fournir quelques pistes pour aider les décideurs locaux à gérer des questions théoriques et pratiques souvent complexes.

Ferhat Kentel (à d.) est professeur à l'Université de Bilgi à Istanbul

Le professeur Ferhat Kentel de l’Université de Bilgi à Istanbul s’est d’abord penché sur les trois modèles d’intégration assez contradictoires mis en pratique en France, en Allemagne et en Belgique. « L’intégration en France relève plus d’une construction de la citoyenneté qui est perçue comme un achievement (objectif idéal à atteindre). Dans ce système, le Turc peut devenir Français s’il accomplit le parcours d’intégration et peu importe alors ses origines pour autant qu’il s’adapte au modèle dominant. Les Turcs de France sont ainsi en négociation permanente entre les deux identités nationales très forte qui existent en France et en Turquie. Par contre, être Allemand ce n’est simplement se comporter comme tel, être Allemand tient plus compte des origines, de la culture et de l’état d’esprit d’un candidat citoyen, il s’agit là d’un processus plus complexe. Enfin, il existe aussi le modèle belge qui est plus complexe car la Belgique est un pays complexe : être Turc à Bruxelles n’est pas la même chose qu’être Turc en Flandre ou en Wallonie car Bruxelles est une ville cosmopolite où le taux de personnes d’origine étrangère est largement plus élevé que le nombre d’autochtones tandis que dans les deux autres régions (Flandre et Wallonie) les personnes d’origine étrangère constituent une petite minorité face au groupe dominant. Face à ces modèles d’intégration des pays d’accueil, il existe 3 types de réponse : la première est l’assimilation où le migrant turc rejette toute référence à la Turquie qui n’est considérée que comme un pays de vacances et de soleil ; la deuxième est le refus d’intégration total où le Turc s’installe dans le ghetto (Schaerbeek à Bruxelles, Kreuzberg à Berlin ou Strasbourg St Denis à Paris), refuse d’apprendre la langue du pays d’accueil et construit son identité qu’en mettant l’accent sur sa culture d’origine ; la troisième est la stratégie interculturelle où le Turc est influencé et influence lui-même les deux modèles, il devient un peu Turc, un peu Allemand (Belge ou Français) et refuse de construire son identité sur la seule référence ethnique puisqu’il peut aussi être jeune/vieux, musulman/chrétien, homosexuel/hétérosexuel,… »

Le professeur Kentel ajoute que l’intégration des Turcs se passe mieux en Allemagne et en Flandre par qu’il existe une reconnaissance de l’altérité dans ces sociétés tandis qu’en France ou en Wallonie, l’identité se rapporte seulement à la citoyenneté républicaine qui ne tolère pas les constructions d’identité complexe.

Faisant référence à une étude qu’il a menée sur les Belgo-Turcs en 2006, Ferhat Kentel explique que les Turcs s’identifient plus à une ville dans la société d’accueil qu’à un Etat car « vivre à Berlin, ce n’est pas la même chose que de vivre à Istanbul ou Marrakech. On adapte plus facilement son mode de vie à la ville où l’on vit car la ville m’oriente et je l’oriente aussi. Par ailleurs, la ville n’est pas seulement un ensemble architectural composé de rues et d’immeubles, la ville rassemble aussi des gens qui utilise une ou plusieurs langues pour communiquer entre eux« . Pourquoi cette identification plus facile à la ville ? « Parce qu’on y vit et qu’il y a l’idée d’influence sur le monde qui nous entoure directement. Le pays, c’est trop grand, ça nous dépasse tandis que la ville on peut la changer, on peut l’influencer et se laisser influencer par ces changements. La spécificité pour les Turcs provient aussi de l’impact de l’Etat et de la société turque sur les mentalités : la lourde présence étatique en Turquie dénote un manque de confiance des individus, les migrants essayent ainsi de se fabriquer une confiance en se battant pour la reconnaissance d’une culture d’origine« .

« C’est vrai, la France n’aime pas trop les spécificités« , répond Gaye Petek (Association ELELE et ex-membre du Haut Conseil à l’Intégration) « mais il y a des différences entre les positions françaises rêvées et les réalités françaises ». « Quand on parle de Turcs en France, on parle de 450.000 personnes (Turcs et Français d’origine turque). On constate peu d’évolution pour la première génération, les groupes vivant dans les ghettos sont la cible d’islamistes radicaux qui agissent comme des missionnaires pour les recruter, les Turcs n’entretiennent pas de lien de voisinage avec les Français, les mariages de raison, arrangés ou forcés sont dominants (83 % se marient avec une personne du pays d’origine). A noter que 56 % de la population turque est française de naissance mais le parcours de la réussite est plus orientée vers la réussite économique ou commerciale que vers les filières d’éducation. Dans le domaine économique, les jeunes turcs obtiennent d’ailleurs de meilleurs résultats que les jeunes maghrébins en France, ce qui créé parfois des conflits entre ces différents groupes. Sur le plan politique, 198 candidats d’origine turque étaient présents sur les listes lors des élections municipales de 2008 et 91 ont réussi se faire élire. Les Turcs participent moins aux débats politiques que les leaders maghrébins, ils sont plus tournés vers des repères en Turquie, il existe une faible participation dans le monde associatif et la communauté turque compte trop peu d’artistes ou d’écrivains« .

Les indicateurs d'intégration ne sont pas bons pour la communauté turque en Belgique, en Allemagne et en France

En Allemagne aussi, le portrait de la communauté turque ne semble pas idéal. Auteur d’une étude statistique sur base ethnique fortement controversée en Allemagne, le professeur Steffen Kröhnert a présenté les résultats des « indicateurs d’intégration en Allemagne » qui incluent une comparaison entre tous les groupes (migrants ou non-migrants). Selon son étude, 4 % de la population allemande est d’origine turque et parmi les étrangers, les Turcs sont les plus Allemands puisque 50 % de ce groupe sont nés en Allemagne. Malgré cet ancrage natale, le mariage biculturel (turco-allemand) ne concerne que 5 % des cas, environ 20 % des migrants turcs n’ont pas de diplôme, le taux de chômage est de 23 % (28 % pour les jeunes turcs) et les Turcs sont très peu représentés dans les postes qui requièrent un haut niveau de confiance (pompiers, policiers, médecins). Un résultat étonnant signalé par le chercheur se rapporte au fait que « les jeunes turcs nés en Allemagne sont plus confrontés au chômage que ceux qui ont émigré vers l’Allemagne« . L’étude fait également ressortir une différence d’intégration entre les Turcs vivant dans les métropoles de service (Münich, Bonn, Frankfurt et Düsseldorf) et ceux qui vivent dans les villes industrielles de tradition (Dortmund, Nüremberg et Duisburg). Dans les villes à tradition industrielle, la plupart des secteurs ont été touchés par la crise, les Turcs ont perdu leur emploi mais les familles ont continué à vivre dans ces villes.

(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)

Advertisements

Written by Mehmet Koksal

10/12/2009 à 7:22

Publié dans Elections

24 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. « Je suis biologiquement marocain, mes structures mentales sont ‘made in Belgium‘ et ma maman m’a éduqué avec un biberon sur lequel il était marqué ‘mythe du retour‘” :

    Comment peut-il affirmer, alors que la conscience historique et le mode de pensée des parents de l’échevin tennoodois ne sont pas pas du tout ceux des parents de sa collègue Meulemans, par exemple, que ses structures mentales sont ‘made in Belgium’ ? Comment peut-il affirmer une telle contrevérité alors que nous savons très bien également que la culture régionale bruxelloise, par exemple, n’est pas celle de nos concitoyens flamands ou même wallons ? Et surtout, pourquoi devrions-nous adopter un tel mécanisme de pensée alors que nous sommes engagés à construire un espace, plus précisément une citoyenne union écononomico-socio-politique constitué de 27 États membre avec des mentalités et des réalités historiques, linguistiques, … très différentes. je rappelle d’ailleurs qu’une large majorité des dispositions législatives ne sont plus « made in Belgium » mais made in Europe ?

    Rachid Z

    10/12/2009 at 10:04

  2. « Bruxelles est une ville cosmopolite où le taux de personnes d’origine étrangère est largement plus élevé que le nombre d’autochtones »

    Un peu exagéré, non ?

    Dieter Van Gelder

    10/12/2009 at 10:32

  3. Se dire « biologiquement marocain » ce sont des propos de nazi ! Medhoune tu es un analphabète doublé d’un con ! Avec des bouffons comme toi pour « nous » représenter, on est pas sorti de l’auberge…

    Bozo

    10/12/2009 at 11:27

  4. Pourquoi ne pas reconnaître, plutôt que de médire, que parmi le peuple gaulois, le PSiste échevin tennoodois Ahmed Medhoune est le plus brave même si à Boisfort, par exemple, il serait considéré, peu importe s’il s’exprime couramment en gaulois, par une population autrement gauloise, comme insuffisament gauloitisé et donc indésirable surtout pour gérer le bien public dans cette localité !?

    Rachid Z

    10/12/2009 at 1:09

  5. En effet, je connais des marocains qui bien que depuis presque 50 ans en Belgique ont tj des problemes avec un français un peu plus relevé. L’effet ghetto y est pour qqch. Il s’agit de personnes âgées. La grande différence, selon moi, entre marocains et turcs c’est qu’un turc qui apprend à l’école primaire à écrire en lettre latine sait sans problème lire en turc et donc à accès au monde de l’écrit de son pays d’origine ce qui peut lui donner l’impression quele français (ou le néérlandais) n’est pas vital pour son épanouissement. Le jeune d’origine marocaine,en plus du problème de l’écriture ne parle pas la langue « officielle » de son pays et donc passera plus facilement par le français pour l’accès à l’écrit. Le problème que décrit l’interlocuteur est bien réel, les gens vivent en ghetto et les personnes qui viennent le voir à sa permanence sociale c’est parcequ’il est d’origine marocaine et non pour ce qu’il pense politiquement.

    salman

    10/12/2009 at 3:20

  6. @Rachid Z
    Oui, ben je ne suis pas certain que si ce brave gaulois se présentait dans une commune à majorité gauloise, il ne serait pas élu. Parce que des vrais gaulois de ce genre, avec des propos modérés et une analysé pondérée, j’en redemande.

    Je ne suis pas d’accord sur tout. Mais il y a une base saine de départ qui donne un peu d’espoir.

    Dommage qu’il ne soit pas plus combatif contre les ghettos qui sont une véritable plaie à Bruxelles. Et ce pour tout le monde.

    Siko

    10/12/2009 at 11:37

  7. Oups…

    @Rachid Z
    Oui, ben je ne suis pas certain que si ce brave gaulois se présentait dans une commune à majorité gauloise, il serait élu. Parce que des vrais gaulois de ce genre, avec des propos modérés et une analysé pondérée, j’en redemande.

    Et non pas l’inverse !

    Siko

    10/12/2009 at 11:40

  8. @rachid Z:
    Oui, et pourquoi ne pas dire que c’est bien parce que St-Josse est une commune d’exception que ce personnage en est un élu. Je trouve ça plutôt étonnant. Quant aux vieilles personnes qui ne maitrisent pas le français après 50 ans, j’ai un peu de peine pour eux. Mais, ils sont également responsables de leur non-intérêt pour le pays qui les a accueilli (ou pas) comme en témoigne Salman. « les personnes qui viennent le voir à sa permanence sociale c’est parce qu’il est d’origine marocaine et non pour ce qu’il pense politiquement. »

    Siko

    10/12/2009 at 11:45

  9. Je m’étonne que M. Medhoune soit étonné de la « non représentativité » de la population qui se présente à sa « permanence sociale ». Cette notion même de « venir demander un service à un élu » ou simplement de se rendre dans un tel endroit donne de l’urticaire à tellement de gens ! Vous faites de la politique ? Mettez donc en place les institutions et organismes qui permettront aux citoyens d’obtenir les services auxquels ils auront droit, en dehors de toute démarche qui pourrait ressembler à de l’allégeance.

    Suske

    11/12/2009 at 5:03

  10. Ce que je trouve le plus interessant ici, c’est que M. Medhoune semble de dire que notamment la plus grande integration des étrangers dans l’administration et la politique résulte dans le contraire pour les autres.

    Je pensais toujours que c’était un progrès et un signe de meilleure intégration d’avoir des gens d’origine étrangère comme fonctionnaires et politiciens.

    Mais M. Medhoune montre que la présence de lui comme marrocain dans la politique locale rends possible une vie sans contact avec les belges « de souche ». Quand il n’y avait pas encore des marrocains dans l’administration ni politique les marrocains étaient forcés de s’adresser aux belges dans l’administration. Aujourd’hui plus.

    Les gens qui sortent du ghetto renforcent donc la ghettoisation des autres ?! Comment résoudre un tel paradox?

    Dans une ville-état qui est half-en-half autochtone et allochtone l’exercice complementaire serait interessant aussi: Demander aux Belges: Quand vous avez la dernière fois parlé avec un non-belge?

    malte

    12/12/2009 at 9:42

  11. « Je pensais toujours que c’était un progrès et un signe de meilleure intégration d’avoir des gens d’origine étrangère comme fonctionnaires et politiciens. » :

    Pourquoi associez-vous, Malte, le mot « intégration » exclusivement lorsqu’il s’agit de « gens d’origine étrangère » ?

    Si l’intégration consiste à se soumettre aux règles de vie clairement définies par la Constitution et les lois ou décrets du peuple belge, ce sont les politiques, peu importe l’origine, qui doivent montrer l’exemple, ce sont eux qui en période électorale diffusent des tracts rédigés en langue turque, arabe ou chinoise. Ce sont eux qui font campagne dans les mosquées, les églises ou les synagogues. Ce sont eux qui vont jusqu’à Emirdag, Tanger ou Oujda pour s’afficher. Ce sont eux qui, avec violence, privent ces gens d' »origine étrangère » et tous les autres d’ailleurs de leurs droits et libertés fondamentaux en les empêchant d’exprimer toute la Belgique qu’ils représente. Une Belgique multiconfessionnelle, multilingue, multiéthnique, multigoût… Une Belgique qui s’affirme, surtout pas qu’à travers les représentants politiques qu’ont lui impose et dont une bonne majorité est incapable de seulement comprendre le sens des responsabiltés, càd du serment qu’ils prononcent lorsqu’ils sont appelés à nous représenter dans nos assemblées démocratiques. Savent-ils seulement quelles sont ces principales missions que les citoyens sont en droit d’exiger d’eux : garantir les droits et libertés, c’est l’essentiel !

    Rachid Z

    12/12/2009 at 4:38

  12. Ce que dit Malte est intéressant, il touche là un des principaux problèmes qui est que le communautarisme ne peut exister sans une élite pour le construire et le gérer. Même si parfois cette « élite » n’en est pas pleinement satisfaite. Ceci dit St Josse et schaerbeek ne sont pas pour les marocains de vrais ghettos commele sont certains quartiers du « croissant marocain » qui s’étend du bas laeken au bas st-gilles en englobant une partie de molenbeek et d’anderlecht.
    Le caractère très multiethnique de st josse et schaerbeek en est surement pour qqch

    salman

    12/12/2009 at 7:18

  13. Et pourquoi ne serait-ce pas la partie du croissant non-marocain », ces ghettos pas assez multiethniques englobant les communes de Boisfort, les deux Woluwé, … qui poserait problème ?

    Rachid Z

    12/12/2009 at 8:23

  14. @Rachid:

    « Pourquoi associez-vous, Malte, le mot “intégration” exclusivement lorsqu’il s’agit de “gens d’origine étrangère” ? »

    Je me réfère à l’article ci-dessus (parfois ca peut-être intéressant de faire ca dans un forum lié à un article :-) ), M. Medhoune n’y parle pas de l’intégration des handicappés ou de la noblesse mais de l’integration des gens d’origine étrangère…

    C’est vous qui passez d' »intégration » à « se soumettre »… Moi, je n’ai pas utilisé le mot « intégration » d’une maniére réflèxive… Je suis tout à fait d’accord avec vous que l’intégration soit une question de deux cotés…

    @salman: Je croix le « ghetto » dont parle M. Medhoune est plus dans la tête que dans la rue, même si les deux peuvent se chévaucher et renforcer mutuellement. De cette manière pour un marrocain peux bien vivre en « ghetto » marrocain à St.Josse aussi.

    J’habite ici à Schaerbeek sur le chevet d’un quartier bourgéois et un quartier ouvrier. Il y a des bourgéois belge dans la rue qui n’ont que des contacts en dehors du quartier avec d’autres bourgéois de la même langue.

    Il n’y a aucune commune à Bruxelles et périphérie qui compte plus que 5% des Allemands (le chiffre de Wezembeek-Oppem et Kraainem), mais je rencontre des Allemands qui ne fréquentent presque pas des non-Allemands dans leur quotidien, sauf quelques Autrichiens et la caissière turc du Supermarché de Kraainem qui leur parle en allemand… C’est le « ghetto » allemand…

    Rien de plus normal: Il est beaucoup plus facile de traiter avec de gens des mêmes langue, culture et codes que de faire quelqechose avec des gens qui vivent différement.

    Pour moi, personnellement, l’élement le plus difficile qui freinait mon intégration dans la société Belge était, hormise les langues…, l’habitude des Belges de sortir manger tout le temps… Comme Allemand, je n’avais pas prévu le même budget pour ca… Il fallait se conformer et économiser ailleurs… Ceci dit, je suis toujours loin d’être intégré dans la voisinage turque, albanaise ou marrocaine aussi.

    malte

    13/12/2009 at 10:05

  15. Faut savoir, pour ce qu’il en est de l’immigration officiellement organisée (çàd : une immigration massive sous contrat), en provenance du Maghreb et de Turquie (1964 – 1965), qu’aucune connaissance des langues parlées en Belgique, « pays d’accueil », n’était exigée. La Belgique, pour se reconstruire, avait besoin de bras, peu importe la langue avec laquelle ces populations importées causent toujours !

    Rachid Z

    13/12/2009 at 1:35

  16. Rachid,

    Les communes que vous citez sont en fait très multiculturelles, si on doit les taxer de ghetto c’est de ghetto de « riches » mais pas sur base de l’ethnicité des habitants. Le croissant, (qui entre-nous comence à évoluer vu l’arrivée de nouvelles communautés dont les subsahariens) lui est beaucoup plus homogène ethniquement soit des marocains du rif.

    salman

    14/12/2009 at 11:35

  17. Heureusement que Demesdeux est là pour permettre à ces sauvages de parler aux Maitres. Dis Ahmed…t’aurait pas honte de ta mère des fois?

    rokhoto

    rokhoto

    14/12/2009 at 3:56

  18. @Rachid Z
    Pourquoi ? Parce que les deux types de ghettos posent problème gros malin. Ceci dit, je reconnais que ce n’est pas assez souvent affirmé.

    Siko

    14/12/2009 at 6:24

  19. C’est basé sur quels chiffres cette phrase ?

    « Les communes que vous citez sont en fait très multiculturelles »

    A première vue, ils ne le sont absolument pas. Et étant un blanc bourgeois, j’en connais du monde par là. Ce n’est qu’une expérience personnelle, mais ce ne sont pas les quelques européens répartis dans l’ensemble des communes riches bruxelloises qui risquent de faire changer la donne.

    Il est évident qu’il faut une politique de mixité sociale et culturelle dans l’ensemble de la région bruxelloise. Et il est évident que ces communes riches ne voient pas ça d’un très bon œil. Mais, on peut faire une critique presque similaire aux communes pauvres.

    Siko

    14/12/2009 at 6:30

  20. Siko,

    Si tu vas visiter les écoles primaires ou maternelles de woluwe-st-pierre tu verras qu’une grosse partie des enfants est d’origine étrangère, en fait chaque année les belges de souche sont moins nombreux ce qui oblige de plus en plus les instituteurs à parler en anglais mais comme je l’ai dot il s’agit de classes aisées. Au USA, la communauté la plus représentée dans les réussite universitaire est la communauté iranienne suiviie des coréens. Il est vrai qu’un jeune d’origine marocaine de woluwe ne ressemble pas toujours à un jeune de la même origine venant d’un quartier moins aisé mais c’est valable pour les belges de souche aussi

    salman

    17/12/2009 at 12:24

  21. @salman
    Ok, j’accepte l’argument. Mais, je doute quand-même un peu de l’ampleur du phénomène. M’étonnerait qu’une école accepte que les classes soient données en anglais en dehors des écoles privées, british school, école européenne, etc..

    Siko

    17/12/2009 at 3:04

  22. Jee ne parle pas ici d’écoles privées mais d’écoles de « quartier ». Les cours sont en français mais c’est en anglais que les échanges se font avec les parents. Les enfants sontaussi dans deux mondes culturels différents mais ici on parle d’expatriés et non d’immigrés

    salman

    24/12/2009 at 10:21


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :