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Kenza Isnasni : "La Belgique d’aujourd’hui ne me parle plus"

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La carte de blanche de Kenza Isnasni n'a pas été publiée dans la presse traditionnelle

« 7 mai 2002, une date qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. Un homme est entré dans notre appartement. Il a abattu mes parents, a grièvement blessé mes deux petits frères et s’est ensuite donné la mort. Des funérailles officielles ont été organisées en présence de milliers de personnes et de nos élus politiques. Nous nous étions tous dit « plus jamais ça ». Mes parents (Habiba El Hajji et Ahmed Isnasni) nous lançaient un dernier appel que je n’ai eu de cesse de relayer : « Faites que notre départ ne soit pas vain et que l’avenir soit celui d’une harmonie entre tout les citoyens libérés des dangereuses idées meurtrières ». Aujourd’hui 8 ans après le drame, je milite, je me bats en leur mémoire, je reste forte au nom des miens (…) mais malheureusement le racisme reste toujours d’actualité en Belgique« , écrit ce vendredi (07/05/2010) Kenza Isnasni, fille de deux Bruxellois d’origine marocaine assassinés en 2002 par un militant d’extrême droite, dans une opinion qui n’a pas été publiée dans la presse traditionnelle.

Pointant du doigt « la difficulté plus grande de trouver un emploi pour la population d’origine étrangère à qualification égale » et « les inégalités dans l’enseignement » découlant de l’existence des « écoles ghettos », elle s’interroge sur l’efficacité de « l’arsenal juridique » visant à condamner le racisme dans la société belge. « Aujourd’hui, on s’adresse au Centre pour l’Egalité de Chances ou au MRAX en cas de problème de racisme mais en fait ces institutions ne répondent plus aux attentes« .

« Je déplore le manque de clarté des partis politiques dans leur discours sur la question du racisme. J’entends souvent parler de la célébration de la diversité, de l’égalité des chances, de la volonté de construire un monde ouvert aux différences de chacun mais ça ne reste que des mots et de belles utopies. Trop souvent lorsqu’un drame se produit, de grands discours s’élèvent, mais on reste dans l’émotionnel et la banalisation du discours raciste reprend vite ses droits », ajoute Kenza Isnasni qui invite à se poser « les bonnes questions ». Car il n’y a pas de doute pour elle, « ces partis racistes ont un lien direct avec le meurtre de mes parents. Cet environnement de haine favorise indéniablement le passage à l’acte. Ils n’avaient peut-être pas le doigt sur la gâchette, mais ils ont clairement favorisé ces actes de violences. (…) Il ne s’agit pas de me positionner en tant que victime mais je m’interroge. Plus que tout, je suis animée par la volonté de comprendre ce qui a sauvagement assassiné mes parents« .

Kenza Isnasni prépare un livre sur son parcours et ses engagements.

(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)

Written by Mehmet Koksal

06/05/2010 à 10:41

Publié dans Autres

8 Réponses

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  1. […] Pointant du doigt « la difficulté plus grande de trouver un emploi pour la population d’origine étrangère à qualification égale » et « les inégalités dans l’enseignement » découlant de l’existence des « écoles ghettos », elle s’interroge sur l’efficacité de « l’arsenal juridique » visant à condamner le racisme dans la société belge. “Aujourd’hui, on s’adresse au Centre pour l’Egalité de Chances ou au MRAX en cas de problème de racisme mais en fait ces institutions ne répondent plus aux attentes“. suite […]

  2. “Aujourd’hui, on s’adresse au Centre pour l’Egalité de Chances ou au MRAX en cas de problème de racisme mais en fait ces institutions ne répondent plus aux attentes“ :

    Ces officines publiques (financées par le politique qui institutionnalise le racisme) destinées à nous vendre des salades labélisées « antiracistes » sont, c’est évident, au service du racisme ! Elles le cultivent, l’entretiennent, le compartimentent, le hierachisent et le fructifient, c’est le sens même de leur existence. Elles n’ont que faire, pour dire vrai, de la lutte contre l’ignorance, de la participation active de tous les citoyens à l’instauration d’une société où toutes les différences seraient invitées à s’affirmer, à s’afficher et ce, dans l’intérêt de toutes et tous, dans l’intérêt d’un « mieux vivre ensemble » !
    Il serait plus efficace pour lutter contre l’ignorance de dénoncer et combattre ces perverses officines devenues sources du racisme, de l’incitation à la haine de l’Autre !

    Rachid Z

    07/05/2010 at 11:10

  3. Monsieur Z Rachid, lorsque vous dites  » le politique qui institutionnalise le racisme », je ne demande qu’à vous croire mais il faudrait me donner quelques exemples concrets et précis. Et si possible, en un style serein.

    pistache

    09/05/2010 at 9:21

  4. @ Pistache :

    N’est-ce pas les conséquences de l’aveuglement, (l’ignorance, l’intolérance) et de l’irreponsabilité de notre système institutionnel (et donc de ceux qui l’animent et s’emploient à ériger des frontières linguistiques, idéologiques, confessionnelles…) qui le rende incapable de simplement appréhender les défis et les attentes des citoyens ?

    N’est-ce pas les enfants d’immigrés que le système institutionnel place dès le plus jeune âge dans des écoles poubelles avant des les abandonner dans les prisons du pays ?

    N’est-ce pas notre système institutionnel et ses médias qui attribuent à nos concitoyens musulmans une image dégradante, où l’ensemble de la communauté musulmane se trouve mise à l’index, humiliée, insultée, discriminée… ?

    Pour moi, le racisme consiste à s’octroyer le droit de mépriser un individu en raison de son appartenance ethnique, linguistique, religieuse, idéologique, sociale,…

    Rachid Z

    09/05/2010 at 12:05

  5. Des enfants placés dans des écoles poubelles puis abandonnés dans les prisons? Mais c’est un véritable goulag dans lequel vous vivez, mon pauvre Rachid.
    Heureusement ce pays est très petit, on peut vite en partir.

    pistache

    10/05/2010 at 8:33

  6. @Pistache: ne perdez pas de temps avec ce Rachid z. Son cas relève de la schizophrénie.
    L image degradante de vos concitoyens musulmans n est que le résultat de la non éducation de vos enfants musulmans, élevés en tant qu enfant roi quand c est un garçon ou en boniche s il s agit d’ une fille. Normal qu ils terminent en prison.
    Heureusement il existe des exceptions. Mais que représentent ils? A peine 20% de votre si belle et riche communauté musulman où le nivellement par le bas est règle d’ or!!!

    Druide

    10/05/2010 at 9:01

  7. Moi j’en connais un qui n’a pas terminé le boulot en 2002…

    Gil

    12/03/2012 at 11:07

  8. C est grave que vous laissez un singler s exprimer ici il a dit j en connais un qui n a pas fini le boulot en 2002!

    Malika zekhnini

    19/07/2012 at 7:44


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