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Logement insalubre à Saint-Josse: la version de l'échevine

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Le logement insalubre de Nezahat Namli (© Olivier Papegnies)

La pression s’intensifie autour de Nezahat Namli, l’échevine PS (ex-MR) en charge de la Petite Enfance et récemment déchargée de sa compétence de Patrimoine locatif dans la commune bruxelloise de Saint-Josse-Ten-Noode faisant suite à un conflit locatif. Les partis de l’opposition (MR et Ecolo) exigent la démission de la mandataire socialiste qualifiée de « marchande de sommeil » tandis qu’un « comité des sages du PS » l’a convoqué pour s’expliquer ce jeudi (07/10/2010) à propos des accusations parues dans la presse. Dans un entretien exclusif accordé à Parlemento.com, Nezahat Namli s’estime victime d’un acharnement politique et médiatique, elle reconnaît certaines erreurs mais plaide aussi sa bonne foi dans cette affaire.

« J’y ai moi-même habité pendant 15

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« On me traite de tous les noms, on exige ma démission, on m’attaque de partout en me qualifiant de marchande de sommeil mais on refuse d’entendre mes explications.  En lisant la presse et les déclarations politiques, on a l’impression que je possède de dizaines d’immeubles, que je profite des revenus locatifs conséquents en abusant de la confiance de gentils locataires, que j’ai moi-même rendu insalubre mes propres immeubles, que j’ai été sanctionnée par le collège suite au retrait de mes compétences en matière de logement, que l’inspection régionale du logement est intervenue d’initiative, etc. La réalité est que je ne suis propriétaire que l’immeuble rue Saint-Josse 23, de mon appartement actuel et d’un rez-de-chaussée commercial sur la Place Saint-Josse. Le conflit ne concerne que l’immeuble rue Saint-Josse 23, un immeuble où j’ai moi-même habité pendant 15 ans (1990 à mars 2005) ! L’appartement au rez-de-chaussée a ensuite été loué en parfait état à une dénommée Sevda Kiliçlar jusqu’en 2007 qui a quitté les lieux en rafraîchissant d’un coup de peinture puis c’est le locataire actuel M. Subab Tilani qui est venu et nos problèmes ont commencé à cause. A ce moment-là, j’admets avoir commis une grosse erreur : je n’ai pas fait réaliser un état des lieux par un expert indépendant, je reconnais ma faute mais je persiste en disant que l’appartement mis en location était en bon état« .

« J’ai demandé à être temporairement déchargée de mes compétences »

Nezahat Namli plaide sa bonne foi

En larmes durant ses explications, Nezahat Namli exhibe le contrat de bail locatif où figure un loyer mensuel de 550 euros pour le logement litigieux. « Si ce montant est suffisant pour être qualifiée de marchande de sommeil, c’est vraiment n’importe quoi. Notre conflit ne date pas de fin août, le locataire Tilani avait 2.000 euros d’arriérés locatifs, il m’a attaqué en justice parce qu’il espérait ne pas payer mais le jugement du 24/09/2010 du Tribunal de Première Instance de Bruxelles m’a donné raison en déboutant le locataire. J’avais déjà refusé d’expulser ce locataire, malgré les conseils de me proches et malgré ses problèmes de paiement du loyer, car je ne voulais pas en tant qu’échevine de la Petite Enfance mettre lui et ses enfants à la porte. Le résultat, après le battage médiatique, c’est qu‘il m’a lui expulsé de mes compétences. Je voudrais aussi corriger ce point car c’est bien à ma demande que le collège m’a temporairement déchargé de mes attributions en matière de logement le temps que l’affaire soit au nette« .

Droit à la propriété versus viol du domicile

Interpellée sur l’état du logement insalubre, elle répond que « le bien loué n’était pas dans cet état. A chaque fois que nous voulions faire passer des personnes pour l’entretien, la lutte anticafards ou la dératisation, l’accès au logement nous était interdit par l’habitant qui menaçait de porter plainte pour viol du domicile. J’étais moi-même sous le choc lorsque j’ai découvert l’état de l’immeuble, comment peut-on vivre comme ça ? » Le locataire aurait-il un intérêt à rendre son habitation insalubre ? « Oui, si le locataire s’est inscrit sur une liste pour obtenir un logement social ou communal. Lorsque l’inspection régionale déclare un logement insalubre, le candidat gagner 5 à 6 points d’un coup et devient prioritaire pour les autorités dans l’attribution d’un logement« , explique-t-elle.

« Dès le début du scandale dans la presse, j’ai été moi-même demandé l’intervention de l’inspection régionale du logement, j’ai payé 100 euros pour ce passage (25 euros par logement), j’ai entamé la procédure d’expulsion et ce sont les autorités qui se sont opposées à l’expulsion. En terme de frais, il faut savoir que j’ai déjà plusieurs milliers d’euros d’arriérés de loyer à récupérer, j’ai dû avancer les frais d’architecte, les frais d’avocat sans compter les travaux à réaliser d’environ 15.000 euros pour remettre les logements en conformité. C’est vraiment injuste« .

Certains au PS et ailleurs…

Enfin, interrogée sur les enjeux politiques autour de cette affaire, Nezahat Namli pense que « certains, au PS et dans les autres formations, profitent de la situation pour me tuer politiquement mais il devrait d’abord lire le dossier et comparer avec leurs propres scandales avant de demander ma démission« .  La pression n’est pas prête de s’estomper autour de Nezahat Namli puisque le quotidien bruxellois La Dernière Heure publie un article explosif sur « les abus de confiance des Namli » où il est question de cocktail molotov, d’harcèlement sexuel, de menaces, de faillite frauduleuse, de copinage policier.

(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)

MISE A JOUR (07/10/2010) : Faisant suite à son passage devant le « comité des sages du PS », l’échevine Nezahat Namli a annoncé sa démission du collège de Saint-Josse-Ten-Noode. Un accord verbal aurait été conclu entre l’échevine et les autres membres du collège stipulant une démission « temporaire » (3 mois ?) de la mandataire « le temps de régler cette affaire » et qu’aucun élu du Conseil communal ne sera appelé à la remplacer pour assurer l’interim. Les compétences de l’échevine Namli seront gérées par les autres membres du collège. Dans les coulisses, on évoque une stratégie visant à éviter le passage forcé de Namli devant la section du PS local et d’une intervention musclée de Philippe Moureaux (Président de la Fédération du PS) obligeant le bourgmestre Jean Demannez à « faire le ménage » pour éviter son intervention directe.

Written by Mehmet Koksal

07/10/2010 à 10:02

Publié dans Elections

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3 Réponses

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  1. Mme Namli déclare que « j’ai payé 100 euros pour ce passage (25 euros par logement) », elle reconnaît donc qu’il y a actuellement quatre logements dans l’immeuble sis 23 rue Saint-Josse qu’elle occupait elle-même avec son ménage jusqu’en 2005. Des logements loués 550 euros par mois, avec des contrats de bail probablement non enregistrés et des revenus locatifs non déclarés .

    Petit problème, selon le cadastre il s’agit d’une maison unifamiliale, autrement dit Mme l’échevine est en infraction tant vis-à-vis des règles urbanistiques (un permis d’urbanisme aurait dû être sollicité avant de la diviser en quatre logements) que vis-à-vis du cadastre (ce qui équivaut à de la fraude fiscale).

    anti-sahtekar

    07/10/2010 at 1:13

  2. Profond problème  » culturel » au sein du PS de toujours , et pour l’éternité ?
    « un “comité des sages du PS” l’a convoqué(e!) pour s’expliquer .. »

    Ce genre de « comité » déjà en place au temps héroïque des soviets nous rappelle cette fonction remise au goût du jour par Elio DR il y a quelques années, avec à sa tête un chargé de mission-apparatchik parfaitement insignifiant (Mr X ?).
    Cet X , chargé d’installer de la déontologie de façade là où à vrai dire il n’y en eut jamais à cause du poids des baronnets et potentats de la hiérarchie socialiste. Suivez mon regard bruxellois vers le canal et ses ruisseaux affluents.
    VanCau & compagnie agitèrent leurs USCommunales et ils usèrent de leurs petits dossiers pour atténuer l’impact du grand lavage qui reste encore une forme de prélavage avec adoucisseur, au lieu d’un bain de bon savon de Marseille (à supposer que là aussi ça lave plus blanc que blanc).
    Symptomatiquement, les deux tenders de la locomotive à vapeur rouge se sont auto-muselés au fil du temps pour protéger la verdure de leur Olivier. Quand l’un des écolos au Parlement wallon usa de sa verve , on lui fit comprendre chuuut) que ce n’était pas de mise. Par culture génétique de l’hypocrisie catho, Milquet fit de même au sein de ses troupes.
    Alors, que va-t-il sortir de ça ? Un blâme? Une méprise salutaire ? Un tour de chaises musicales ? Probablement va-t-on user d’un processus naturel : la faculté des électeurs lambda d’oublier tous les abus commis en leur nom, sous leur bannière du dogme, dans l’esprit de « rédemption » que l’on connut jadis chez nos cagots!

    Vieux socialo repenti

    07/10/2010 at 2:04

  3. Il y a de plus en plus de fautes d’orthographe dans tes articles, Mehmet, fais quand même attention, ça pourrait passer pour de la négligence.

    Concernant le fond de l’article, ni le locataire ni la bâilleuse n’est complètement droit dans ses bottes à mon avis. Cet article souligne le problème de division foireuse des maisons sans permis, une des causes les plus graves du délabrement du bâti bruxellois et une des sources de revenus les plus rentables pour « les gens ».

    Correcteur

    08/10/2010 at 9:41


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