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Bienvenue chez les chiites*

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*Un reportage réalisé avec le soutien du Fonds pour le journalisme en Communauté française de Belgique.

« Des musulmans sunnites qui se convertissent au chiisme, ce n’est plus une exception. À Bruxelles, ce sont surtout les Marocains qui décident de franchir le pas » annonçait déjà en janvier 2009 le magazine flamand MO* dans un reportage qui fera beaucoup frémir les autorités marocaines confrontées à ce nouveau danger bruxellois qui menacerait le système religieux musulman (sunnite, malékite) en place à Rabat.

Le chiisme constitue l’une des trois principales branches de l’islam avec le sunnisme et le kharidjisme, il regroupe environ 15 % des musulmans à travers le monde. Les figures importantes de cette confession particulière sont principalement le prophète de l’islam Mohammed, sa fille Fatima et les 12 imams issus de sa famille (du premier imam Ali ibn Abi Talib au douzième imam Muhammad al-Mahdi, l’imam caché). Au niveau international, les chiites occupent l’actualité politique en Iran, au Bahrein, au Liban, en Irak, au Pakistan, en Syrie, en Turquie et en Azerbaïdjan mais la Belgique compte également une petite communauté chiite qui vit relativement discrètement et tente de se développer petit à petit.

La communauté des musulmans chiites en Belgique n’est presque pas connue du grand public. Sur le plan intracommunautaire musulman, les chiites sont souvent mal considérés par la population musulmane majoritaire sunnite en Belgique, d’où la volonté de vivre en marge de la société pour pratiquer son culte à sa manière. Cette volonté de discrétion ne permet cependant pas aux chiites d’éviter les polémiques politiques ou diplomatiques sur le territoire belge. Ainsi, récemment, le Royaume du Maroc s’est estimé victime d’une grave menace littéraire chiite téléguidée par le régime des mollahs iraniens qui aurait pour objectif de convertir en masse les Marocains. Pour contrer l’importation de la littérature chiite, le régime marocain a ordonné la destruction de toute trace de littérature d’apparence chiite dans le pays. La polémique a pris une tournure encore plus importante lorsque Rabat a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec Téhéran accusant le régime iranien de pratiquer le prosélytisme envers des citoyens marocains. « Le roi a donné le la, tout le monde lui a emboîté le pas. Fidèle au nouveau crédo officiel, le directeur de Dar Al Hadith Al Hassania, Ahmed Khamlichi, a listé dans un discours d’octobre 2008 les ennemis de l’islam modéré, à la sauce marocaine, voulu par le Commandeur des croyants. On y retrouve les chiites, les salafistes, les athées et, last but not least, les chrétiens évangélistes », précise l’hebdomadaire marocain Tel Quel.

C’est justement dans cette foulée que, dès octobre 2009, le Maroc s’engage dans « une réforme du champ religieux menée dans sa deuxième version qui vise en particulier à sauvegarder la singularité de l’identité religieuse islamique marocaine ». Ainsi, dans une interview publiée par l’hebdomaire belge Le Vif/L’Express, l’ambassadeur du Maroc s’en prend aux autres courants religieux musulmans (chiites, frères musulmans et salafistes) qui mettraient en péril l’identité islamique marocaine à savoir le sunnisme de rite malékite et de dogme achaârite. Mettant en garde contre ce « péril chiite », le député-cheikh de Casablanca Abdelbari Zamzami (considéré comme proche du pouvoir) a pointé du doigt ces « Marocains convertis au chiisme depuis la diaspora marocaine en Belgique ». Bref, les chiites deviennent rapidement une cible particulièrement privilégiée des autorités marocaines.

Partant de ces déclarations alarmantes, il apparaît intéressant de noter, sur base des déclarations publiques, que le régime marocain compte réprimer non seulement les chiites sur son territoire national mais aussi mener la chasse auprès de sa diaspora en Belgique. Dès lors, gare à celui qui oserait faire le pas de la conversion et s’afficher ostensiblement comme membre de la communauté chiite marocaine.

Une communauté dynamique et discrète

Un bref petit tour de la communauté chiite implantée localement en Belgique francophone dénote un grand dynamisme extra-médiatique de cette communauté. La visite de plusieurs lieux de culte et des associations (mosquées Reda ou Rahman) ont révélé l’existence d’une communauté particulière. « On nous accuse souvent de prier sur une pierre, les autres musulmans sunnites nous considèrent généralement comme des membres d’un groupement sectaire inféodé au régime iranien mais en réalité nous nous contentons de vivre notre croyance et nous n’avons aucun soutien étranger », précise Ahmed d’une association culturelle située dans la commune de Koekelberg.

Comparés aux musulmans sunnites majoritaires en Belgique, les chiites affichent effectivement quelques spécificités importantes observées empiriquement lors de nos rencontres comme la sacralisation du prophète Mohammed mais surtout son gendre (Ali) et sa descendance directe (sa fille Fatima et ses petits-fils), une façon de prier sur un morceau de terre en provenance de Kerbala (Irak), une référence abondante à l’imam Ali et au martyr de l’imam Hossein, etc.

La plupart des convertis au chiisme semblent l’avoir été sur base d’un parcours de circonstance et de rencontres fortuites. Bien qu’ayant joué un rôle important, la révolution iranienne n’apparaît pas comme l’élément fondamental expliquant le processus de conversion. Les arguments invoqués pour la conversion font plutôt référence à des raisons identitaires, confessionnelles ou à un parcours familial particulier ayant provoqué le rejet du symbole d’autorité.

« On estime à environ 10 % des musulmans de Belgique qui seraient de confession chiite », précise la convertie chiite Isabelle Praille, vice-présidente de l’Exécutif des musulmans de Belgique. « En Belgique, les chiites sont principalement d’origine belge, marocaine, libanaise, irakienne, iranienne, turque et pakistanaise », ajoute-t-elle. La dirigeante rappelle l’absence de chiffres précis concernant cette communauté mais ne constate aucune croissance anormalement élevée des conversions. « Les chiites considèrent généralement que le Maroc est historiquement un pays chiite depuis l’installation d’Idris 1er sur ces terres. Il existe des pratiques chiites culturellement visibles mais probablement que beaucoup ignorent encore », ajoute-t-elle.

Des propos qui n’enchanteront probablement pas les autorités marocaines qui ne manquent pas de traquer et ficher toute « déviance » non conforme à la doctrine du pouvoir marocain. Ainsi lorsque des militants chiites marocains décident de soutenir une petite formation politique en Belgique, la diabolisation des responsables de ce parti se met en marche avec l’aide des agents provocateurs du régime marocain en exercice à Bruxelles qui invoquent la menace à l’intégrité territoriale ou le droit à « la sécurité spirituelle » des Marocains.

Récits de conversion au chiisme

A défaut de pouvoir confronter la diplomatie marocaine à des faits observés sur le terrain belge (suite au refus d’interview de l’ambassadeur), nous avons décidé de publier de longs entretiens sur le vécu et les récits de conversion de quelques membres de la communauté chiite en Belgique. L’identité de certaines personnes n’est pas dévoilée à leur demande.

Salima A. : « les convertis ont souvent l’impression d’avoir le ticket pour le paradis, mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne »

Née à Saint-Josse-Ten-Noode en 1969, enfant d’une famille nombreuse marocaine (5 frères et 2 sœurs). Le père de Salima débarque en Belgique pour travailler dans le secteur de la construction et ramène ensuite son épouse du pays d’origine. « Mon papa est analphabète donc finalement, il croit ce que les imams des mosquées prêchent », précise-t-elle. « Pour lui, la religion c’était vraiment une chose très importante… Le problème c’est que sa vision de la religion était assez rigide, c’était soithalal (licite), soit haram (illicite), on ne pouvait pas se trouver entre ces deux extrêmes. Il nous a appris à prier, on devait aussi normalement jeûner et réciter les sourates. Mes frères pouvaient suivre les cours à la mosquée tandis que mes sœurs et moi devions rester à la maison, bref une vision assez conservatrice comme la plupart des familles à l’époque ».

Musulman sunnite ou chiite ? La question ne se pose même pas pour cette famille d’origine marocaine installée depuis longtemps en Belgique. « Quand on était plus jeune, on ne se posait pas vraiment la question, on se contentait de prier avec tout le rituel que cela impliquait. Pour nous les petits, tout le monde était musulman, on ne faisait pas vraiment la différence. C’est vrai qu’avec la révolution islamique en Iran, on a eu un choc ! On a découvert que les autres n’étaient pas vraiment comme nous, qu’il n’y avait pas un islam mais plusieurs façons de pratiquer son islam et que même au sein du groupe majoritaire sunnite il y avait beaucoup de branches différentes. L’islam était plus une pratique culturelle ou traditionnelle, elle est devenue petit à petit une pratique cultuelle et confessionnelle ».

A la fin de ses études secondaires à Bruxelles, Salima apprend que ses parents décident de rentrer vivre au Maroc tout en laissant la famille nombreuse à sa charge. Elle fait à manger, elle s’occupe du ménage ainsi prend soin de ses 5 frères et 2 sœurs que les parents lui ont laissé à Bruxelles. Puis, début des années 90, en voulant s’inscrire à des cours de langue anglaise, elle décide de suivre parallèlement à sa vie de jeune fille au foyer des cours d’arabe classique dans une école de promotion sociale. Elle marque un certain intérêt pour les questions religieuses sur la vie et la famille du prophète Mohammed au contact d’un groupe de jeunes filles fréquentant également les cours de langue arabe. Entre les cours, elles commencent à parler de « l’imam Ali ».

« C’était comme lorsqu’on découvre quelque chose de nouveau. On ne nous a jamais parlé de l’imam Ali quand on était petit, peut-être juste pour nous dire qu’il faisait partie des 4 califes mais sans plus, sans jamais nous préciser qu’il était en réalité le bien-aimé du prophète. On avait l’impression qu’on nous avait caché des choses et tout a commencé à ce moment-là. À l’époque, je ne portais pas le foulard non plus alors que toutes mes copines, sunnites et chiites, le portaient. J’avais juste droit à quelques remarques du genre :’tu devrais le porter, tu devrais l’avoir sur ta tête. Tu sais ce que Dieu dit dans le Coran, les hadiths le disent aussi’, bref, une petite pression pas trop méchante. Mais moi, le foulard, j’ai eu le rejet total de ce foulard peut-être à cause de mon père parce que, et ça je ne vous ai peut-être pas dit, mais le vendredi, quand mon père revenait de la mosquée, il répétait plein d’idées de l’imam qui lui avait répété sans cesse que ‘la femme qui sort de la maison sans voile, c’est vraiment qu’elle est diabolisée, Dieu, les anges lui cracheront dessus’. Peut-être qu’il le disait à sa façon, d’une manière moins agressive envers les femmes, je n’en sais rien puisque je n’avais jamais le droit d’écouter le prêche de l’imam. Tout ce que je sais, c’est que j’ai toujours détesté le vendredi. Ah oui ! J’ai détesté ce jour parce que je savais très bien que ce jour mon père allait rentrer de la mosquée de très mauvaise humeur… »

Le port du foulard, toute une histoire pour Salima. Elle passe du rejet total à cause du comportement de son père au port volontaire du foulard pour se sentir libre et reconnue. « En découvrant le chiisme, je me suis prise de passion pour le martyr de l’imam Hossein, pour la religion, pour Dieu, pour plein de choses en rapport avec la religion. C’était un peu comme lorsque certaines personnes reviennent transformées après le pèlerinage de la Mecque même s’ils ne sont pas très pratiquants. Je ne sais pas exactement ce qu’il s’est passé mais après un laps de temps, j’ai décidé de porter mon foulard. Et le fait de le porter pour moi, c’était vraiment une liberté. Je n’avais même imaginé qu’il y aurait autant d’hostilités au niveau du travail, au niveau de ma famille parce personne ne le porte chez nous ou encore dans la société. Oh mon Dieu ! C’était vraiment horrible de vivre tout ça ! Bon, j’avoue qu’avant je forçais un peu la dose en mettant des foulards totalement de couleur noire, c’était un peu trop trash pour trouver un emploi, ça faisait peur aux gens. Puis un jour, je me suis présentée à un entretien d’embauche dans un laboratoire médical avec un foulard de couleur claire»

Salima se souvient aussi de la première fois lorsqu’elle a annoncé à son père sa conversion à l’islam chiite : « j’ai failli être lynchée par mon père … oh mon Dieu ! Il m’a dit mais qu’est-ce que tu fais, tu te rends compte, tu vas aller en enfer. Enfin ! Vous savez, c’est comme un peu quand les gens se convertissent à l’islam, ils ont l’impression d’avoir le ticket pour le paradis et ils décident souvent de propager le message pour gagner encore plus de points mais finalement ce n’est pas comme ça que ça fonctionne ». Son père ne lui jamais pardonné cette conversion mais ils ont gardé contact en évitant les débats sur la religion. Pour Salima, le chiisme équivaut à « être libre de pouvoir parler. En fait, être libre de pouvoir parler de sa religion, des imams, du prophète c’est ça en fait ».

Isabelle « Soumaya » P : « le prophète a invité des femmes dans le premier gouvernement à Médine »

« La première fois que j’étais au Maroc, c’était quelques années après ma conversion au chiisme, il y a plus de vingt ans. J’étais étonné de voir justement les gens fêter l’Achoura sans plus trop savoir pourquoi ni comment et ce que cela représente, mais ils distribuaient des petits pots en terre cuite avec de l’eau aux nouveau-nés. Ce geste est en réalité typiquement chiite parce qu’il commémore le massacre d’un nouveau-né en quête d’eau lors du martyr de l’imam Hossein », précise cette convertie d’origine belge.

Isabelle (surnommée « Soumaya ») Praille est la figure la plus médiatique du chiisme belge à cause de la fonction (vice-présidence) qu’elle occupe actuellement à la tête de l’Exécutif des musulmans de Belgique, l’organe chef de culte de l’islam en Belgique. En plus d’être très active sur les questions générales d’actualité et débat autour de la religion musulmane, Isabelle est également une femme très engagée au niveau communautaire chiite pour favoriser l’émancipation et les échanges entre les femmes chiites en Belgique.

« Il n’y a pas vraiment de protocole de conversion au chiisme. C’est la personne avec ses connaissances, avec son libre choix, son libre arbitre, son esprit critique qui décide sur base d’une recherche ou d’une conviction, de prendre comme référence l’école musulmane chiite. C’est quelque chose de personnel qui entre soi et Dieu et il n’y a pas besoin d’attestation ou de certificat certifiant la sincérité de la foi. »

« C’est clair que la révolution iranienne a eu un impact important au sein de la communauté musulmane de manière générale et dans la communauté chiite en particulier parce que c’est la première fois qu’une population musulmane se révoltait contre un régime tyrannique et dictatorial soutenu par l’Occident. L’impact politique de cette révolution islamique était également important puisque l’image véhiculée était celui d’un réveil des musulmans iraniens pour se libérer d’un dictateur. Pour la première fois, un peuple musulman a réalisé la possibilité d’être libre dans sa vie, dans son choix tout en s’opposant au Chah d’Iran qui avait été placé et qui était soutenu par les Etats-Unis. L’idée a émergé d’une opposition à cette hégémonie occidentale qu’on nous impose et qui puise notre richesse, notre économie et nous maintient dans une forme de dépendance. Le peuple iranien a voulu dire halte à cette situation pour réclamer sa liberté. Indirectement, cette prise de conscience a déclenché des interrogations sur le chiisme et beaucoup de personnes ont commencé à s’intéresser au chiisme après la révolution islamique en Iran. Personnellement, ma conversion date justement quelques années après cet événement».

Isabelle P.  justifie aussi son engagement religieux avec des arguments teintés de féminisme : « j’étais très sensible à la dominance masculine envers les femmes, d’ailleurs j’ai suivi les parcours de certaines luttes de femmes pour arriver à militer pour leurs droits ici en Belgique. Et c’est clair que l’instrumentalisation de la femme au niveau du marché de l’emploi, au niveau de sa chair, au niveau de son corps, c’est quelque chose qui m’a fort marqué parce que je trouve qu’on a infériorisé et qu’on a instrumentalisé vraiment le corps de la femme. C’est clair qu’au niveau islamique, pour moi, j’ai été très touchée d’ailleurs par un côté qui m’a motivé aussi dans ma conversion, c’est ce côté féministe du message prophétique. Il est venu avec un message, il y a plus de 14 siècles, dans une société qui enterrerait encore les filles vivantes, il a donné l’obligation aussi bien à l’homme qu’à la femme d’étudier et d’apprendre, c’est pour cela que la première révélation commence par Iqra(lire). Donc il invite vraiment à chercher le savoir et place vraiment le savoir comme une priorité, l’acte prioritaire de la construction de soi. La femme musulmane peut même réclamer une rémunération pour l’allaitement, pour l’éducation des enfants, tout en sachant que l’allaitement n’est pas un acte possible pour un homme. Bref, il faut comprendre ce message comme la volonté de faire de l’homme un être plus responsable dans la prise en charge de la famille. Sur le plan politique, le prophète a également invité des femmes dans le premier gouvernement à Médine, c’était aussi un geste fort ».

Mustapha B: « les gens adorent tout ce qui se mange et tout ce qui s’habille »

Né en 1951 à Molenbeek, il passe une partie de son enfance dans cette commune à forte concentration de populations originaires du Maroc pour ensuite vivre dans la commune de Saint-Gilles. Le jeune Mustapha commence à aider son père dans un magasin de couture, puis dans l’épicerie familiale et ensuite dans l’un des premiers abattoirs à volaille halal.

« J’ai grandi dans une famille très religieuse tant au niveau du cœur qu’au niveau de la pensée. Mais la religion était plus une pratique coutumière, traditionnelle, qu’un pur respect de la jurisprudence islamique. On vivait donc surtout un islam marocain. Ce que je veux dire, c’est qu’il y avait des pratiques qui sont en réalité islamiquement proscrits, d’après notre jurisprudence. Par exemple, le fait d’écouter certains types de musique, le fait de soutenir la mixité dans n’importe quel lieu. Le chiisme ne prône pas un islam radical mais plutôt un islam correctement prescrit aux limites édictées par la foi. Cela ne veut pas dire qu’on n’est pas laxiste mais on n’est pas une communauté renfermée non plus, on possède simplement des règles et des limites bien établies. C’est ni l’un ni l’autre, il y a juste un milieu qu’il faut respecter ».

Vers ses 16 ans, Mustapha fréquente les jeunes de la Place Béthleem et traine un peu trop dans les rues. Pour éviter qu’il sombre dans la délinquance, son père l’envoie suivre des cours d’électricité auprès de ses grands-parents vivant dans une ville au sud du Maroc. Quand son père ouvre une boulangerie à Tanger, il travaille comme livreur pour son paternel tout en pratiquement plus sérieusement l’islam sunnite malékite jusqu’à son retour en Belgique vers la fin des années 80. Début 90, alors qu’il loue un appartement à Saint-Gilles, il fait la connaissance du fils de son propriétaire qui l’initie à l’islam chiite.

« Un jour, en allant ensemble à la mosquée, il m’a offert un livre baptisé Achoura et c’est à partir de ce livre-là que tout a changé au fond de moi, si on peut dire… C’était un total bouleversement dans ma vie, on peut dire un changement à 180°. J’ai surtout appris des choses sur le massacre du petit-fils du prophète Mohammed : Hossein. Le livre raconte vraiment toute la tragédie : pourquoi ils ont été massacrés, comment ils ont été persécutés… Donc le déclic est venu de là. Je me suis dit comment est-ce possible que la descendance du prophète puisse être tuée par des gens qui se considèrent musulmans ? La conversion est un phénomène qui se passe au fond de toi, c’est en lien avec ta foi ou ta croyance, c’est quelque chose qu’un être humain doit vivre, il est difficile d’expliquer rationnellement ce qu’il se passe. Tu deviens chiite sans rite de conversion, sans certificat et sans clé ».

Concernant la pratique religieuse spécifique des chiites, Mustapha aime fournir des explications historiques et théologiques : « Les gens s’interrogent souvent sur la raison qui pousse les chiites à se prosterner sur un morceau de terre lors de la prière. La réponse est pourtant bien fournie par les imams reconnues par les chiites qui expliquent qu’il faut se prosterner sur tout ce qui est naturel. Et dans ce qui est naturel sur ce qui ne se mange pas, sur ce qui ne s’habille pas c’est-à-dire toute matière avec laquelle on peut faire des habits. Donc toute matière avec laquelle on peut faire des habits, malgré qu’elle soit naturelle, ne peut pas servir pour la prière. Pourquoi ? Parce que les gens adorent tout ce qui se mange et tout ce qui s’habille et pour qu’une prosternation soit pure et sainte devant son Créateur, il faut qu’elle soit vide de toute adoration autre que lui ».

Spécificités chiites

La découverte d’une nouvelle communauté en Belgique n’est pas toujours évidente pour un observateur externe. La première phase passe par une séance d’observation et d’analyse sur le comportement et les discours des membres de cette communauté. Ainsi, parmi les spécificités visibles de la communauté chiite, il a été possible de noter dans un premier temps les points suivants :

  • Prière, de préférence, sur un morceau de terre en provenance de Kerbala (Irak) pour commémorer le martyr de l’imam Hossein.
  • Prière les mains le long du corps
  • Citation de l’imam Ali dans l’appel à la prière
  • Sacralisation des descendants directs du prophète Mohammed (sa fille Fatima Zohra et les fils de celle-ci)
  • Rupture du jeûne quelques minutes plus tard pendant le Ramadan Dénomination spécifique pour les dignitaires religieux : « 12 imams » historiques; Mahdi (le 12e imam caché); Marjas contemporains (Khomeijni, Khamenei, Fadallah, Sistani,…); Sayeed (personne descendant de la lignée du prophète) et Cheikh (savant ou érudit ne descendant pas de la lignée du prophète)
  • Livre de jurisprudence : Al Risala
  • 10 % des musulmans belges, une dizaine de cheikhs chiites à Bruxelles
  • En Belgique, les chiites sont principalement d’origine belge, marocaine, libanaise, irakienne, iranienne, turque et pakistanaise
  • Mosquées chiites : Rahman (mixte sunnite et chiite) et Reda (chiite)
  • Evénements marquants pour les chiites en Belgique : révolution islamique en Iran en 1979; manifestation contre le bombardement israélien au Liban; soutien à la résistance du Hezbollah au Liban; invasion américaine en Irak
  • 28 fêtes et commémorations chiites durant l’année (Achoura, Muharram,…)
  • médias consommés par la communauté chiite en Belgique: sites internet; chaînes satellites (Arabsat, Nilsat, Almanar, Al Ahlan, Kawthar); revues (Message de l’islam, Mahjubah); revue locale (Kawthar)
  • exemples d’associations fréquentées par les chiites en Belgique: Thaqalayn (association culturelle musicale et mini-mosquée); Kawthar (association culturelle des femmes chiites de Belgique).

En plus de ces spécificités, il existe aussi des points de frictions au sein des musulmans qui peuvent potentiellement provoqués des situations conflictuels entre sunnites et chiites musulmans. Les principaux points évoqués lors des conversations avec la communauté peuvent se résumer ainsi :

  • Eventuels commentaires négatifs à propos des successeurs du prophète Mohammed
  • Litige sur le successeur « légitime » du prophète
  • Présentation des chiites par les sunnites comme des fanatiques d’une secte satanique
  • Maroc, un pays d’origine chiite suite à l’installation d’Idris Ier
  • Culte d’Ali versus culte de Mohammed
  • Rumeurs sur « un autre Coran » des chiites (livre de Fatima Zohra)
  • Sacralisation des lieux et tombes considérés comme une pratique sectaire par certains sunnites saoudiens.

Sur le plan politique bruxellois, un groupe issu de la communauté chiite d’origine marocaine manifeste régulièrement sur des thématiques internationales (Palestine, Iran, Irak,…) en marquant de manière ostensible (drapeaux, slogans) ses sympathies pour des mouvements comme le Hamas et le Hezbollah. Cette stratégie de visibilité politique dans des réunions publiques provoquent non seulement des crispations au niveau politique belge mais aussi au sein de la communauté musulmane en général.

Les partisans d’Ali prennent petit à petit de la visibilité à Bruxelles mais ce n’est pas sur des sujets politiques hautement polémiques qu’ils risquent de gagner la sympathie des autres… mais ce n’est peut-être pas non plus leur objectif.

*Un reportage réalisé avec le soutien du Fonds pour le journalisme en Communauté française de Belgique.

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Written by Mehmet Koksal

30/06/2010 à 9:35

Publié dans Religions

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24 Réponses

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  1. Très plaisant à lire. Après avoir lu cet article-reportage, les concitoyen(ne)s, peu importe la confession, ne peuvent que mieux appréhender la richesse, càd la composition, aussi diverse que multiple, aussi bien sur le plan doctrinal qu’ethnique, que constitue la « communauté musulmane » en Belgique et aussi prendre meilleure mesure de ces détestables et incessantes ingérances des chancelleries étrangères dans les affaires liées notamment à la gestion du culte islamique, toujours en Belgique.

    Rachid Z

    30/06/2010 at 6:06

  2. Il faudrait demander à madame Praille ce qu’elle pense du mariage temporaire et le statut qu’à la femme dans le cas du mariage temporaire?

    Technics

    01/07/2010 at 9:46

  3. Sachez Technics qu’il existe des « permis de baiser » délivré en Belgique par des autorités religieuses islamiques qui ne se revendiquent pas nécessairement du chiisme. Qu’en pensez-vous ?

    Rachid Z

    01/07/2010 at 10:12

  4. Je rejoins entièrement Rachid Z, un avocat belge bien connu a d’ailleurs a fait un usage répété de ces « permis de baiser », des mariages religieux devant un imam liégeois jamais déclarés aux autorités civiles belges, suivis après la période de consommation sexuelle de répudiations. Et tant l’avocat que l’imam sont bel et bien des sunnites.

  5. Ce que font certains musulmans (qu’il se proclame imam ou non) ne veut pas encore dire que d’un point de vue religieux (ici sunnite) cela soit permit.
    Alors que dans le chiisme (duodécimain) il est permis de faire le mariage temporaire.
    Si les musulmans se conformaient à l’Islam, l’Islam aurait une toute autre image à l’heure actuelle.

    Technics

    02/07/2010 at 9:52

  6. A quel islam faites-vous allusion, celui que prône M6, celui des talibans, celui de Benali, celui de Moubarak, celui de Tariq Ramadan, celui de Yahya Michot, celui de Moureaux, celui de Dalil Boubakeur, celui d’Erdogan, celui de Fadela Amara (qui se dit, aux côtés de Sarko et du CRIF, musulmane pratiquante !) celui des mraxiens qui s’en réfèrent ? De quel islam nous parlez-vous, Technics. S’il n’y a qu’un islam et qu’un Coran, il existe une multitude de musulmans. A moins que vous vous considérez comme la pierre de touche de l’islam.

    Rachid Z

    02/07/2010 at 10:11

  7. L’Islam est une croyance, plusieurs personnes que vous citez ont le même Islam, juste des points de vue différents sur certains sujèts. L’Islam n’est pas une multitude de musulmans. L’Islam est une croyance en un Dieu unique et que le Prophète Mohamed (la Paix et le Salut sur Lui) et le dernier des Prophètes. Donc les règles qui régissent cette croyance sont le Coran (la Parole de Dieu) et la Sounna (les faits et dire, approbations de ce dernier Prophète).
    En se basant sur ces deux sources de legislation on peut que confirmer que le mariage temporaire est interdit en Islam.

    Technics

    07/07/2010 at 8:29

  8. Le chiffre DOUZE semble avoir beaucoup d’influence sur les âmes. Ainsi les 12 imams d’Ali, 12 apôtres de la chrétienté, 12 étoiles de l’Union européenne. En sommant le tout, ça donne les 36 étoiles dans mon ciel lorsque je tente encore de m’ébaudir face aux ravages et à la tristesse culturelle que recouvre chacune de ces inclinations dans la vie terrestre. On vit loin des paroles de Dieu (que personne n’a d’ailleurs jamais aperçu). ;-)

    L’avantage d’une conversion du type Sun => Chi réside dans l’absence d’apostasie, simplement on vit en rebelle CONverti.
    A l’exemple de cette convertie au chiisme Isabelle Praille, … vice-présidente de l’Exécutif des musulmans de Belgique osant vous affirmer : « C’est clair que la révolution iranienne a eu un impact important au sein de la communauté musulmane de manière générale et dans la communauté chiite en particulier parce que c’est la première fois qu’une population musulmane se révoltait contre un régime tyrannique et dictatorial soutenu par l’Occident..».

    Le propos illustre à preuve que la plupart de ces convertis cultivent la haine de l’Occident en rejetant tous les apports positifs que nos cultures d’ici-bas ont transmis à nos populations. Apports qu’ils nient, hein « Soumaya » Praille ,ou encore PY Lambert de même acabit! Car les mêmes n’oseraient documenter les atrocités commises au quotidien par ce régime iranien issu de la « révolution » dont « Soumaya » veut flatter les vertus. Son hypocrite lui fera nier le sort réservé aux femmes d’un Iran post-Shah. De fait, il y eut et y subsiste une régression notoire des libertés et des modes de vie dans la gent féminine dont « Soumaya » prétend vouloir résoudre « ICI ».
    Evidemment, si tout cela leur évite de tomber sous le joug des tentations du Satan, je peux comprendre le prosélytisme dont elle fait son quotidien POLITIQUE. Quelle âme sensée (éduquée) oserait nier que l’islam est avant toute autre chose un instrument politique, accessoirement (et au seul niveau individuel, silencieux, un engagement à la croyance qui libèrera du joug grâce à l’au-delà imaginaire)? Propos d’apostat libéré dès avant terme. :o)

    Puis un autre : Tu deviens chiite sans rite de conversion, sans certificat et sans clé ».

    ’il n’y avait pas un islam mais plusieurs façons de pratiquer son islam

    Philomèneàtout

    07/07/2010 at 11:37

  9. Qui dit le contraire, Technics ? Mais ce qu’on nomme le mariage temporaire a été autorisé à l’époque de l’islam khalifal dans un contexte bien évidemment particulier, vous feriez bien de vous renseigner auprès de votre imam.

    Rachid Z

    08/07/2010 at 12:41

  10. « De fait, il y eut et y subsiste une régression notoire des libertés et des modes de vie dans la gent féminine dont « Soumaya » prétend vouloir résoudre “ICI”. » :

    C’est plutôt dans les États d’Europe (des Droits de l’Homme) que les libertés (des femmes et des hommes) sont de plus en plus restreintes, remises en question. N’est-ce pas, par exemple, le Premier ministre de la république laïque de France qui déclarait qu’il serait nécessaire d’adapté la déclaration des Droits de l’Homme afin de légitimer les persécutions qu’il ne se lasse pas d’infliger aux femmes et aux hommes surtout de confession musulmane. Contrairement à cette république de France qui ne reconnaît plus les valeurs sur lesquelles elle a été fondée, c’est au regard des immuables principes de l’islam que la République Islamique d’Iran promulgue des lois devant lesquelles le peuple se soumet.

    Rachid Z

    08/07/2010 at 3:30

  11. @RachidZ: ne vous inquetez pas, je suis au courant du statut du mariage temporaire à cette époque là et son interdiction etc.

    Technics

    08/07/2010 at 9:58

  12. Héhé, Rachid, prêt à nier les évidences pour mieux militer à d’hypocrites causes? Deux exemples qui nous ramènent au temps des nazis allemands? IRAN :

    1. [[ le ministère de kulture et de la guidance islamique (!) a diffusé par affiches une série de nouvelles coupes de cheveux destinées à aider (sic) les coiffeurs et leurs clients à résister aux sirènes occidentales. « Il ne s’agit pas d’un comportement arriéré : nous essayons de présenter de nouvelles coupes tout en préservant les traditions et en respectant la kulture iranienne » explique JK, la responsable du festival du hidjab et de la chasteté ».
    Les clichés montrent des cheveux raides ou bouclés. Les cheveux longs sont absent mais le régime des mollahs se permet quelques fantaisies capillaires comme les favoris, voire la banane à la Elvis Prestley.]]

    Dans la même contrée de toutes les #libertés islamiques# on lit:

    2. [[ Les autorités sportives iraniennes ont rejeté la nouvelle tenue de l’équipe de football féminine du pays. La FIFA, opposée au port du voile, était parvenue à un accord avec la fédéIR, très insistante sur la dissimulation de la chevelure de ces dames. L’équipe nationale – en l’occurrence des cadettes – porterait une casquette lors des jeux de la jeunesse. Refus. Mercredi les jeunes footballeuses ont testé la nouvelle tenue et la responsable des affaires féminines à l’Organisation iranienne de l’éducation physique s’est mises en colère. La tenue n’est pas conforme.
    « Elle aurait aussi dû être approuvée par les instances chargées de faire respecter la charia en Iran »]]

    Comme aux temps « heureux » du nazisme allemand, hein gars?
    Allez Rachid, courez vite là où ça vous chante, mais épargnez nous vos mensonges et vos manipulations de militant masqué sous un #voile# d’hypocrisie.

    Petit chaperon rouge

    08/07/2010 at 3:15

  13. N’est-ce pas plutôt vous, qui (nous causez, je ne sais pourquoi, des coupes de cheveux préférées par des stylistes «islamiques» et de la tenue que souhaiteraient adopter les footballeuses iraniennes pour pouvoir participer à la coupe du monde de foot féminin) vous adonnez à la calomnie en vous dissimulant la face sous un chaperon… rouge ?

    Si vraiment vous voulez apercevoir ce que vous n’hésitez pas à qualifier de mensonge et/ou d’hypocrisie, je vous invite, Petit Chaperon, à écouter (cliquez sur le lien ci-dessous) les sages propos tenus par un de vos sages guides en pleine mission civilisatrice. Justement, il s’exprime sur les libertés (persécutions) que la France (Pays de Droits de l’Homme) compte réserver aux femmes, surtout de confession musulmanes.

    Rachid Z

    08/07/2010 at 5:26

  14. Très bon article, une communauté comme les autres avec ses bons et mauvais côtés et qui ne doit pas être marginalisée ou diabolisée. Pour evenir à cet histroire de mariage temporaire je ne vois pas ce qui dérange au moins les deux parties sont prenantes. Je rejoinds Pierre Yves car je connais mois aussi un avocat qui est en plus un grand sunnite et proche de l’ambassade du Maroc qui pratique ce genre de chose c’est peutêtre le même. L’influence de l’iran est peutêtre, selon moi, plus importante que ne le dis le texte et c’est là le danger car le chi’isme actuel a été fort marqué par le khomeynisme

    salman

    12/07/2010 at 11:16

  15. Un bon article est une chose.
    La trivialité des événements du quotidien en est une autre!
    Chaque jour nous sommes témoinsvisuels d’atrocités et d’horreurs commises ailleurs de par le monde :
    – en Irak
    – en Iran
    – en Afghanistan
    – au Pakistan
    – au Yémen
    – en Asie lointaine
    – en Somalie
    – au Darfour
    …j’en passe? (celles tranplantées dans le monde occidental)…
    Milliers de vies innocentes, abattues sans discernement!

    Chacune de ces horreurs s’identifie à une et une seule cause :
    les dissentions entre des fanatisés liés à des factions religieuses (tiens essentiellement ces sunnite/shiite).
    Normal que tout ceci? Dieu le veut? Inch Allah?
    Tous ceux qui prêchent la tolérance caractérisant ces « fois » sont de sinistres hypocrites ou de parfaits bornés, ignorants des réalités bestiales qui motivent et taraudent le mental des cinglés qui opèrent parce que « formés pour tuer », sous la pédagogie d’imams et/ou de cheicks qui chacun agissent SANS RESPECT AUCUN pour les prescrits d’une parole divine supposée humaine!

    Ces traits répétés de sauvagerie sans nom ne vous interpellent donc guère, Messieurs les prosélytes moralisateurs et leur converties dissimulées sous le voile de leurs esprits bornés?

    Franz

    17/07/2010 at 1:04

  16. Bonjour.je suis en train d’apprendre la langue francaise.je suis iranienne ,chiite et etudiante.quand je recherchais sur l’internet ,j’ai trouve votre site et traduit mot a mot,c’est tres plaisant.je sais que je ne peut pas bien comprendre ,alore je voudrais m’aider et corrigez moi s-i-v. pour que j’adore cette langue et votre site!!!merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii beaucoup

    s.o

    27/07/2010 at 8:01

  17. Bonjour Madame s.o. : la paix soit avec vous.

    Sachez que vous avez des compatriotes modernistes ici en Belgique! Tous les iraniens ne sont pas des adeptes de l’ayattolah *Ko.*, ni du *guide suprême* actuel qui opèrent via quelques fous , tous parmi eux confondant leurs divagations mentales avec la pensée d’Allah.

    Notez aussi qu’en Belgique nous sommes peuplés d’autres « fous ». Ceux-ci se croient plus inspirés que les musulmans modernistes. Parmi eux figurent quelques imams. Surtout les gens plus dangereux encore sont des convertis (parce que aveuglés et fanatisés par des pensées divines qui les dépassent).

    Zeki

    29/07/2010 at 9:24

  18. Mourir pour des idées, Georges Brassens, en 1972 déjà,
    que l’on devrait apprendre dans nos écoles…

    1 Mourir pour des ides, l’ide est excellente
    Moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eue
    Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante
    En hurlant la mort me sont tombs dessus
    Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
    Abjurant ses erreurs se rallie leur foi
    Avec un soupon de rserve toutefois.

    R Mourons pour des ides d’accord mais de mort lente
    D’accord mais de mort lente.

    2 Jugeant qu’il n’y a pas pril en la demeure
    Allons vers l’autre monde en flnant en chemin
    Car forcer l’allure il arrive qu’on meure
    Pour des ides n’ayant plus cours le lendemain
    Or s’il est une chose amre dsolante
    En rendant l’me Dieu c’est bien de constater
    Qu’on a fait fausse route qu’on s’est tromp d’ide.

    3 Les Saints Jean Bouche d’or qui prchent le martyre
    Le plus souvent d’ailleurs s’attardent ici-bas
    Mourir pour des ides c’est le cas de le dire
    C’est leur raison de vivre ils ne s’en privent pas
    Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
    Bientt Mathusalem dans la longvit
    J’en conclus qu’ils doivent se dire en apart.

    4 Des ides rclamant le fameux sacrifice
    Les sectes de tout poil en offrent des squelles
    Et la question se pose aux victimes novices
    Mourir pour des ides, c’est bien beau, mais lesquelles ?
    Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
    Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau
    Le sage, en hsitant tourne autour du tombeau.

    5 Encor’ s’il suffisait de quelques hcatombes
    Pour qu’enfin tout changet, qu’enfin tout s’arranget !
    Depuis tant de  » grands soirs  » que tant de ttes tombent
    Au paradis sur terre on y serait dj
    Mais l’ge d’or sans cesse est remis aux calendes
    Les dieux ont toujours soif, n’en ont jamais assez
    Et c’est la mort, la mort toujours recommenc’.

    6 vous, les boutefeux, vous, les bons aptres
    Mourez donc les premiers nous vous cdons le pas
    Mais, de grce, morbleu ! laissez vivre les autres !
    La vie est peu prs leur seul luxe ici-bas
    Car, enfin la Camarde est assez vigilante
    Elle n’a pas besoin qu’on lui tienne la faux
    Plus de danse macabre autour des chafauds

    Didier

    05/08/2010 at 11:26

  19. BONJOUR MONSIEUR ZEKI ;
    merci pour votre reponse. avec tous mes respects ; je dois dire que pour moi , il y a seulement une religion : ISLAM ; pas Islam moderne ou d’autre adjective , excepte Islam mahometan !
    Islam est la derniere religion pace qu’il est le plus plein des religions ; c’est a dire qu’il est suffisant pour tous les temps.
    deuxieme: c’est ma gloire que mon guide supreme est ayattolah khamenei ; parce qu’il est un homme de politique et de religion!
    S’il y a qqn qui est confondu; c’est son probleme parce qu’il n’a pas aucunne ideologie claire.
    pardonnez moi pour mes erreurs typographiques et grammatiques!! corrigez moi s.v.p

    S.O

    10/08/2010 at 6:54

  20. Beaucoup d’éléments dans ce reportage qui mériteraient d’être connus ailleurs. Enfin quelqu’un qui parle de l’Islam en termes nuancés et qui reflètent un peu mieux la complexité des choses.
    Un point de vue intéressant aussi sur la liberté de religion au Maroc, qui mériterait d’être envoyé au « Vif » lorsque ce magazine prend les paroles de l’ambassadeur du Maroc pour évangile.
    Une bonne illustration enfin à travers les commentaires, d’un de nos sports nationaux : le jeu de la paille et de la poutre.
    Bref, merci pour ce morceau de sociologie pratique.

    Marc Jacquemain

    03/09/2010 at 11:48

  21. […] Pakistan en Belgique), Semsettin Ugurlu (Président de l’Exécutif des musulmans de Belgique), Isabelle Praile (vice-présidente de l’EMB), Mohamed Fathallah (membre de l’EMB et animateur sur Radio […]

  22. […] dans un contexte de lutte entre le Maroc et les musulmans chiites … cet épisode d’un conflit intra-islam et donc  »importé » s’est déroulé dans une ville où […]

  23. […] dans un contexte de lutte entre le Maroc et les musulmans chiites … cet épisode d’unconflit intra-islam et donc "importé" s’est déroulé dans une ville où l’immigration […]

  24. […] dans un contexte de lutte entre le Maroc et les musulmans chiites … cet épisode d’un conflit intra-islam et donc  »importé » s’est déroulé dans une ville où […]


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